Archive pour 12:08

Joyeux Noël

25 décembre 2008 | Catégorie : Partage

L’équipe d’altohumano vous souhaite un Joyeux Noël !

Une petite tradition que vous pourriez mettre en place pour le déjeuner de Noël ?

Connue comme étant de tradition Islandaise (« ou est-ce que l’on a entendu cela ? »). Chaque personne autour de la table doit dire une chose gentille à chacune des personnes présentes.

Je me demandais comment les petits allaient réussir cet exercice, ma fille de 6 ans, qui a commencé le tour de table, a réussi admirablement !

A vous de jouer !

La photo est de Stefan sous licence creative commons.



Entrepreneuriat Social : Penser le Changement plutôt que changer le pansement !

17 décembre 2008 | Catégorie : Collectif, Partage

Le Club ESSEC Entrepreneuriat Social, en partenariat avec le Club Management & Société de l’INSEAD, Le Monde, La Ruche et Ashoka, et avec le soutien du BCG et de HSBC, organisait le 22 octobre 2008 une conférence-débat : “Entrepreneuriat Social : Penser le Changement plutôt que changer le pansement !”.

Emmanuel Faber, Directeur Général Délégué du Groupe Danone, ouvrait cette matinée.

La vidéo de l’intervention est à voir sur le site de Danone Communities.



Source d’inspiration

17 décembre 2008 | Catégorie : Collectif, Individuel, Partage
Les sites Internet, quelques soient leurs objectifs et leurs valeurs, ont souvent tendance à vouloir capter de l’audience et rechignent à orienter leurs lecteurs vers des ressources externes. Et pourtant, aujourd’hui, je vais vous proposer une petite promenade sur un site qui, si vous comprenez l’anglais, devrait vous passionner comme il a passionné ceux à qui je l’ai recommandé dans le passé.

Il s’agit du site TED (http://www.ted.com), acronyme de Technologies, Entertainment, Design, qui regroupe les enregistrement des conférences autour de ces trois thèmes qui se sont tenues depuis 1984.

Vous pourriez par exemple écouter Al Gore, l’ancien vice-président des Etats-Unis, vous donner 15 conseils de comportement individuel à adopter pour avoir un impact sur le climat.

A moins que vous ne vouliez consacrer 3 minutes à écouter Richard St John vous présenter les 8 secrets du succès ?

Et pour finir, dépasser les idées reçues avec une présentation époustouflante de Hans Rosling !

Bonne visite, n’hésitez pas à partager ici les conférences que vous préférez !












Ce que dit l’OMS

10 décembre 2008 | Catégorie : Collectif, Individuel, Partage


Voici un extrait de la charte d’Ottawa, produite par l’Organisation Mondiale de la Santé, il semble important de noter que le bien-être fait partie de la santé, au sens général.

Promotion de la santé

  • La promotion de la santé est le processus qui confère aux populations les moyens d’assurer un plus grand contrôle sur leur propre santé, et d’améliorer celle-ci. Cette démarche relève d’un concept définissant la « santé » comme la mesure dans laquelle un groupe ou un individu peut d’une part, réaliser ses ambitions et satisfaire ses besoins et, d’autre part, évoluer avec le milieu ou s’adapter à celui-ci.
  • La santé est donc perçue comme une ressource de la vie quotidienne, et non comme le but de la vie ; il s’agit d’un concept positif mettant en valeur les ressources sociales et individuelles, ainsi que les capacités physiques. Ainsi donc, la promotion de la santé ne relève pas seulement du secteur sanitaire : elle dépasse les modes de vie sains pour viser le bien-être.

Promouvoir l’idée

  • Une bonne santé est une ressource majeure pour le progrès social, économique et individuel, tout en constituant un aspect important de la qualité de la vie. Les facteurs politiques, économiques, sociaux, culturels, environnementaux, comportementaux et biologiques peuvent tous intervenir en faveur ou au détriment de la santé. La démarche de promotion de la santé tente de rendre ces conditions favorables par le biais de la promotion des idées.

Conférer les moyens

  • La promotion de la santé vise l’égalité en matière de santé. Ses interventions ont pour but de réduire les écarts actuels caractérisant l’état de santé, et d’offrir tous les individus les mêmes ressources et possibilités pour réaliser pleinement leur potentiel santé. Cela comprend une solide fondation dans un milieu apportant son soutien, l’information, les aptitudes et les possibilités permettant de faire des choix sains. Les gens ne peuvent réaliser leur potentiel de santé optimal s’ils ne prennent pas en charge les éléments qui déterminent leur état de santé. En outre, cela doit s’appliquer également aux hommes et aux femmes.

Servir de médiateur

  • Seul, le secteur sanitaire ne saurait offrir ces conditions préalables et ces perspectives favorables à la santé. Fait encore plus important, la promotion de la santé exige l’action concertée de tous les intervenants : les gouvernements, le secteur de la santé et les domaines sociaux et économiques connexes, les organismes bénévoles, les autorités régionales et locales, l’industrie et les médias.
    Les gens de tous milieux interviennent en tant qu’individus, familles et communautés. Les groupements professionnels et sociaux, tout comme les personnels de santé, sont particulièrement responsable de la médiation entre les intérêts divergents, en faveur de la santé.
  • Les programmes et stratégies de promotion de la santé doivent être adaptés aux besoins et possibilités locaux des pays et régions, et prendre en compte les divers systèmes sociaux, culturels et économiques.

L’intervention en promotion de la santé signifie que l’on doit :Elaborer une politique publique saine

  • La promotion de la santé va bien au-delà des soins. Elle inscrit la santé à l’ordre du jour des responsables politiques des divers secteurs en les éclairant sur les conséquences que leurs décisions peuvent avoir sur la santé, et en leur faisant admettre leur responsabilité à cet égard.
  • Une politique de promotion de la santé combine des méthodes différentes mais complémentaires, et notamment : la législation, les mesures fiscales, la taxation et les changements organisationnels. Il s’agit d’une action coordonnée qui conduit à la santé, et de politiques fiscales et sociales favorisant une plus forte égalité. L’action commune permet d’offrir des biens et services plus sains et moins dangereux, des services publics favorisant davantage la santé, et des milieux plus hygiéniques et plus plaisants.
  • La politique de promotion de la santé suppose l’identification des obstacles gênant l’adoption des politiques publiques saines dans les secteurs non sanitaires, ainsi que la détermination des solutions. Le but doit être de rendre les choix sains les plus faciles pour les auteurs des politiques également.

Renforcer l’action communautaire

  • La promotion de la santé procède de la participation effective et concrète de la communauté à la fixation des priorités, à la prise des décisions et à l’élaboration des stratégies de planification, pour atteindre un meilleur niveau de santé.
  • La promotion de la santé puise dans les ressources humaines et physiques de la communauté pour stimuler l’indépendance de l’individu et le soutien social, et pour instaurer des systèmes souples susceptibles de renforcer la participation et le contrôle du public dans les questions sanitaires. Cela exige l’accès illimité et permanent aux informations sur la santé, aux possibilités de santé et à l’aide financière.

Acquérir des aptitudes individuelles

  • La promotion de la santé soutient le développement individuel et social en offrant des informations, en assurant l’éducation pour la santé et en perfectionnant les aptitudes indispensables à la vie. Ce faisant, elle permet aux gens d’exercer un plus grand contrôle sur leur propre santé, et de faire des choix favorables à celle-ci.
  • Il est crucial de permettre aux gens d’apprendre pendant toute leur vie et de se préparer à affronter les diverses étapes de cette dernière. Cette démarche doit être accomplie à l’école, dans les foyers, au travail et dans le cadre communautaire, par les organismes professionnels, commerciaux et bénévoles, et dans les institutions elles-mêmes.

Pour lire la Charte d’Ottawa dans sa totalité :

http://www.euro.who.int/AboutWHO/Policy/20010827_2?language=french

Parce qu’il sera toujours bon de savoir…

Source : OMS – Credit Photo OMS



Droits de l’homme

10 décembre 2008 | Catégorie : Partage

Aujourd’hui, 10 décembre 2008, nous célébrons le 60 ème anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme.

Le principe moral fondateur de ces droits se retrouve dans cette éthique de la réciprocité appelé règle d’or.

« Cette campagne nous rappelle que dans un monde qui se ressent encore des horreurs de la Deuxième Guerre mondiale, la Déclaration universelle des droits de l’homme a été la première déclaration mondiale de ce que nous considérons aujourd’hui comme allant de soi – la dignité et l’égalité inhérentes de tous les êtres humains. »

M. Ban Ki-moon, Secrétaire général

De nombreuses questions se posent sur notre capacité individuelle et collective à respecter ce texte. Courrier International a regrouper dans un dossier certains points de vue.

Et vous, quel est votre opinion ?



Le Perroquet

9 décembre 2008 | Catégorie : Individuel, Partage

Un jour, un homme décide de se rendre en Afrique pour voir des animaux exotiques. A son arrivée, il insiste pour aller tout de suite dans la forêt et en se promenant, il devient totalement émerveillé par les perroquets multicolores. Il est tellement subjugué, qu’il décide de capturer un perroquet pour l’amener à la maison.Ce qu’il fait d’ailleurs.

Après plusieurs années, l’homme décide de retourner en Afrique. Avant de partir, il s’adresse à son perroquet et lui dit :

« Je retourne en Afrique. As-tu un message à délivrer à tes amis les perroquets qui sont encore dans la forêt ? « 

- « Dis leur Maître, que j’ai une belle cage et que je suis bien nourri… »

A son arrivée en Afrique, l’homme s’empresse de retourner auprès des perroquets pour leur livrer le message de son animal de compagnie. Contre toute attente, un perroquet tombe raide mort après avoir entendu le message de l’homme. Convaincu que le perroquet devait être un grand ami de son propre perroquet, l’homme en revenant chez lui et annonce, à son perroquet, la triste nouvelle.

En entendant son maître, le perroquet tombe à son tour raide mort dans sa cage. Attristé par ce qui vient de se produire, l’homme décide de sortir son perroquet de la cage pour lui offrir une sépulture décente.

Tout à coup, le perroquet se met à voler et se perche dans un arbre.

 » Mais que fais-tu ? » crie l’homme.

« Tu m’as trompé… Tu sais Maître » répond l’oiseau, « le perroquet que vous avez vu en Afrique était mon ami, et il m’a livré un message très important »

« Mais quel message ? » dit l’homme.

« Il m’a rappelé que si l’on veut sortir de sa cage, il faut accepter de mourir pendant que l’on est encore en vie. »

Comme d’habitude, vos contributions sont les bienvenues.

Sources :

Dr Wayne Dyer

Photo de m a t t i e u



Ne jamais partir perdant…

8 décembre 2008 | Catégorie : Individuel, Partage

Photo de Alain BachellierLorsque nous traversons une épreuve difficile, nous avons parfois tendance à la vivre de façon parfois fataliste, parce que dès le départ nous sommes plutôt conditionnés pour repérer plus facilement le négatif plutôt que le positif, à subir plutôt qu’à vivre. C’est pourtant un exercice facile ! Bien entendu, il n’agit pas de nier une épreuve difficile, mais de changer l’ état d’esprit habituel dans lequel nous nous trouvons face à quelque chose de difficile, se demander comment vivre cette épreuve,  en la subissant ou en la surmontant ? essayez de prendre une contrainte actuelle que vous rencontrez, et transformez-là en « expérience » (et pourquoi pas en plaisir)… regardez-la sous un autre angle et posez-vous la question « comment puis-je m’y prendre ?, ou du moins, « comment m’y prendre autrement que d’habitude ? » Ne plus subir, mais vivre, surmonter, pour se grandir. Changer son état d’esprit, et laisser la place à d’autres ressentis, d’autres émotions, s’éloigner du « c’est fichu » et le remplacer par du « j’identifie le problème, je change mon état d’esprit (vous verrez, des solutions commencerons à pointer le bout de leur nez) » et actez ! Ne jamais partir perdant, et toujours chercher les ressources nécessaires pour s’en sortir, elles sont là, présentes en chacun de nous. Révélez-vous.

Pour illustrer ce modèle de pensée, une histoire :

Les Grenouilles

Un jour, deux grenouilles tombèrent dans une jatte de crème. Aussitôt, elles s’aperçurent qu’elles s’enfonçaient : impossible de nager ou de flotter longtemps dans cette pâte molle aussi épaisse que des sables mouvants. Au début, les deux grenouilles agitèrent violemment leurs pattes dans la crème pour atteindre le bord de la jatte. En vain, elles ne parvenaient qu’à barboter au même endroit en s’enlisant. Elles avaient de plus en plus de mal à remonter à la surface et à reprendre leur souffle.

L’une d’elles dit tout haut :

« Je n’en peux plus, on ne peut pas se sortir de là. impossible de nager dans cette substance. je vais mourir et je ne vois pas pourquoi je prolongerais cette souffrance. Où est l’intérêt de mourir épuisée par un effort stérile ? »

Ayant dit cela, elle cessa de s’agiter et s’enfonça rapidement et littéralement engloutie par le liquide blanc et épais.

l’autre grenouille, plus persévérante, ou peut-être plus obstinée, se dit

« Rien à faire ! Pas moyen d’avancer là-dedans ! Pourtant, même si la mort est proche, je lutterai jusqu’à mon dernier souffle. je refuse de mourir une seconde même avant que mon heure ait sonné ! »

Elle continua à s’agiter et à barboter toujours au même endroit, sans avancer d’un pouce, pendant des heures et des heures.

Et soudain, à force de trépigner et de battre des cuisses, de s’agiter et de patauger, la crème se transforma en beurre ! Surprise, la grenouille fit un bond et, patinant, arriva au bord de la jatte. De là, elle rentra chez elle en croassant joyeusement.

Source  : M Menapace

Appendre à toujours observer la situation, ne pas la subir, et les solutions pointent le bout de leur nez…

Comme toujours, vos contributions sont les bienvenues.



La Soupe aux Cailloux

5 décembre 2008 | Catégorie : Collectif, Individuel, Partage

La soupe aux cailloux est une vieille fable populaire, connue dans le monde entier, et porteuse d’un message : en partageant nos ressources  (qu’elles soient matérielles ou émotionnelles), en collaborant tous ensemble, nous arriveront avec des petits « rien » à un grand tout.

IL ETAIT UNE FOIS…

Une période de grande famine règnait à travers le pays. Chaque personne gardait jalousement le peu de denrée qu’elle pouvait trouver. Un jour, dans  un petit village, arriva un soldat, demandant de l’aide pour préparer un repas. On lui dit « il n’y a rien à manger ici, tu ferais mieux de partir ! » le soldat répondit qu’il avait tout ce qu’il lui fallait pour faire une soupe aux cailloux, et qu’il aimerait la partager avec tous les villageois « tout ce dont j’ai besoin, c’est d’un chaudron »… interloqué et curieux, un homme lui apporta un chaudron. Le soldat commença pas y faire chauffer de l’eau et y ajouta quelques cailloux. « Hum, c’est délicieux, dit le soldat, si seulement il pouvait y en avoir pour tout le monde ! et quel dommage que nous n’ayions rien d’autre à mettre dedans…elle serait encore meilleure cette soupe ! » c’est alors qu’une petite fille arriva et lui tendit une carotte, puis, petit à petit, tout le village finit par venir apporter quelque chose à mettre dans la soupe : une pomme de terre, un navet, des épices, des haricots, des choux, des oignons… Le soldat la gouta et dit « Cette soupe est vraiment très réussie, et chacun de nous aura à manger, si seulement… si seulement on y apportait un peu de boeuf, elle serait digne d’un roi ! » et c’est alors qu’une vieille dame, apporta sa contribution, comme tous les villageois, avec un beau morceau de viande. « La soupe est prête ! » dit le soldat, et tout le village se réuni, ensemble,  pour déguster cette soupe aux cailloux, un repas chaud et inespéré, pour chacun d’eux…

Ce qu’il faut retenir:

  • Partager nos ressources relève de la volonté de coopérer et de collaborer
  • Si chaque personne partage ses ressources, mêmes les plus minimes, le bénéfice sera pour tous

Réfléchissez et demandez vous, comment faire de cette fable un modèle, comment l’élargir à toutes et à toutes, comment l’appliquer ?

Comme toujours, vos contributions seront les bienvenues



Le conte chaud et doux des Chaudoudoux

5 décembre 2008 | Catégorie : AT, Individuel, supports

Le conte Chaud et Doux des Chaudoudoux, est un conte de Claude Steiner, psychologue clinicien, membre fondateur et enseignant de l’Association Internationale d’Analyse Transactionnelle.

Il était une fois, dans des temps très anciens, des gens qui vivaient très heureux. Ils s’appelaient Timothée et Marguerite et avaient deux enfants, Charlotte et Valentin. Ils étaient très heureux et avaient beaucoup d’amis.

Pour comprendre à quel point ils étaient heureux, il faut savoir comment on vivait à cette époque-là. Chaque enfant, à sa naissance, recevait un sac plein de chaudoudoux. Je ne peux pas dire combien il y en avait dans ce sac on ne pouvait pas les compter. Ils étaient inépuisables. Lorsqu’une personne mettait la main dans son sac, elle trouvait toujours un chaudoudou. Les chaudoudoux étaient très appréciés. Chaque fois que quelqu’un en recevait un, il se sentait chaud et doux de partout.

Que sont donc les chaudoudoux et les Froid piquants ?

Ceux qui n’en avaient pas régulièrement finissaient par attraper mal au dos, puis ils se ratatinaient, parfois même en mouraient. En ce temps-là, c’était très facile de se procurer des chaudoudoux. Lorsque quelqu’un en avait envie, il s’approchait de toi et te demandait :  » Je voudrais un chaudoudoux « . Tu plongeais alors la main dans ton sac pour en sortir un chaudoudou de la taille d’une main de petite fille. Dès que le chaudoudoux voyait le jour, il commençait à sourire et à s’épanouir en un grand et moelleux chaudoudoux. Tu le posais alors sur l’épaule, la tête ou les genoux, et il se pelotonnait câlineusement contre la peau en donnant des sensations chaleureuses et très agréables dans tout le corps.

Est-ce que les grandes personnes, avec leur loi, vont arrêter l’insouciance des enfants ? Vont-elles se décider à suivre l’exemple de la jeune femme et les enfants et prendre le risque en supposant qu’il y aura toujours autant de chaudoudoux que l’on voudra ? Se souviendront-elles des jours heureux que leurs enfants veulent retrouver, du temps où les chaudoudoux existaient en abondance parce qu’on les donnait sans compter ?

Malgré cette loi, beaucoup d’enfants continuèrent à échanger des chaudoudoux chaque fois qu’ils en avaient envie et qu’on leur en demandait. Et comme il y avait beaucoup d’enfants, beaucoup d’enfants, presque autant que les grandes personnes, il semblait que les enfants allaient gagner. À présent, on ne sait pas encore comment ça va finir.

Les gens n’arrêtaient pas d’échanger des chaudoudoux. et, comme ils étaient gratuits, on pouvait en avoir autant que l’on en voulait. Du coup, presque tout le monde vivait heureux et se sentait chaud et doux.

Je dis « presque », car quelqu’un n’était pas content de voir les gens échanger des chaudoudoux. C’était la vilaine sorcière Belzépha. Elle était même très en colère. Les gens étaient tous si heureux que personne n’achetait plus ses philtres ni ses potions. Elle décida qu’il fallait que cela cesse et imagina un plan très méchant.

Un beau matin, Belzépha s’approcha de Timothée et lui parla à l’oreille tandis qu’il regardait Marguerite et Charlotte jouer gaiement. Elle lui chuchota : « Vois-tu tous les chaudoudoux que Marguerite donne à Charlotte ? Tu sais, si elle continue comme cela, il n’en restera plus pour toi ». Timothée s’étonna : « Tu veux dire qu’il n’y aura plus de chaudoudoux dans notre sac chaque fois que l’on en voudra un ? » « Absolument, répondit Belzépha. Quand il n’y en a plus, c’est fini ». Et elle s’envola en ricanant sur son balai. Timothée prit cela très au sérieux, et désormais, lorsque Marguerite faisait don d’un chaudoudoux à quelqu’un d’autre que lui, il avait peur qu’il ne lui en reste plus.

Et si la sorcière avait raison ? Il aimait beaucoup les chaudoudoux de Marguerite, et l’idée qu’il pourrait en manquer l’inquiétait profondément, et le mettait même en colère. Il se mit à la surveiller pour ne pas qu’elle gaspille les chaudoudoux et en distribue trop aux enfants ou à n’importe qui.

Puis il se plaignit chaque fois que Marguerite donnait un chaudoudoux à quelqu’un d’autre que lui. Comme Marguerite l’aimait beaucoup, elle cessa d’offrir des chaudoudoux aux autres et les garda pour lui tout seul. Les enfants voyaient tout cela, et ils pensaient que ce n’était vraiment pas bien de refuser des chaudoudoux à ceux qui vous en demandaient et en avaient envie. Mais eux aussi commencèrent à faire très attention à leurs chaudoudoux. Ils surveillaient leurs parents attentivement, et quand ils trouvaient qu’ils donnaient trop de chaudoudoux aux autres, ils s’en plaignaient. Ils étaient inquiets à l’idée que leurs parents gaspillent les chaudoudoux.

La vie avait bien changé : le plan diabolique de la sorcière marchait ! Ils avaient beau trouver des chaudoudoux à chaque fois qu’ils plongeaient la main dans leur sac, ils le faisaient de moins en moins et devenaient chaque jour plus avares. Bientôt tout le monde remarqua le manque de chaudoudoux, et tout le monde se sentit moins chaud et moins doux.

Les gens s’arrêtèrent de sourire, d’être gentils, certains commencèrent à se ratatiner, parfois même ils mouraient du manque de chaudoudoux. Ils allaient de plus en plus souvent acheter des philtres et des potions à la sorcière. Ils savaient que cela ne servait à rien, mais ils n’avaient pas trouvé autre chose ! La situation devint de plus en plus grave. Pourtant la vilaine Belzépha ne voulait pas que les gens meurent. Une fois morts, ils ne pouvaient plus rien lui acheter.

Alors elle mit au point un nouveau plan. Elle distribua à chacun un sac qui ressemblait beaucoup à un sac des chaudoudoux, sauf qu’il était froid, alors que celui qui contenait les chaudoudoux était chaud. Dans ces sacs, Belzépha avait mis des froids-piquants. Ces froids-piquants ne rendaient pas ceux qui les recevaient chauds et doux, mais plutôt froids et hargneux. Cependant, c’était mieux que rien. Ils empêchaient les gens de se ratatiner. À partir de ce moment-là, lorsque quelqu’un disait : « Je voudrais un chaudoudoux », ceux qui craignaient d’épuiser leur réserve de chaudoudoux répondaient : « Je ne peux pas vous donner un chaudoudoux, mais voulez-vous un froid-piquant ? ».

Parfois, deux personnes se rencontraient en pensant qu’elles allaient s’offrir des chaudoudoux, mais l’une changeait soudain d’avis, et finalement elles se donnaient des froids-piquants. Dorénavant, les gens mouraient presque plus, mais la plupart étaient malheureux, avaient froid et étaient hargneux. La vie devint encore plus difficile : les chaudoudoux qui au début étaient disponibles comme l’air que l’on respire, devinrent de plus en plus rares. Les gens auraient fait n’importe quoi pour en obtenir.

Avant l’arrivée de la sorcière, ils se réunissaient souvent par petits groupes pour échanger des chaudoudoux, se faire plaisir sans compter, sans se soucier de qui offrait ou recevait le plus de chaudoudoux. Depuis le plan de Belzépha, ils restaient par deux et gardaient les chaudoudoux l’un pour l’autre. Quand ils se trompaient en offrant un chaudoudoux à une autre personne, ils se sentaient coupable, sachant que leur partenaire souffrirait du manque.

Ceux qui ne trouvaient personne pour leur faire don de chaudoudoux étaient obligés de les acheter et devaient travailler de longues heures pour les gagner.

Les chaudoudoux étaient devenus si rares que certains prenaient des froids-piquants qui, eux, étaient innombrables et gratuits. Ils les recouvraient de plumes un peu douces pour cacher les piquants et les faisaient passer pour des chaudoudoux. Mais ces faux chaudoudoux compliquaient la situation. Par exemple, quand deux personnes se rencontraient et échangeaient des faux chaudoudoux, elles s’attendaient à ressentir une douce chaleur et s’en réjouissaient à l’avance et, au lieu de cela, elles se sentaient très mal. Comme elles croyaient s’être donné de vrais chaudoudoux, plus personne n’y comprenait rien !

Évidemment comment comprendre que ses sensations désagréables étaient provoquées par les froids-piquants déguisés en faux chaudoudoux ? La vie était bien triste ! Timothée se souvenait que tout avait commencé quand Belzépha leur avait fait croire qu’un jour où ils ne s’y attendraient pas, ils trouveraient leurs sacs de chaudoudoux désespérément vides.

Mais écoutez ce qui se passa. Une jeune femme gaie et épanouie, aux formes généreuses, arriva alors dans ce triste pays. Elle semblait ne jamais avoir entendu parler de la méchante sorcière et distribuait des chaudoudoux en abondance sans crainte d’en manquer. Elle en offrait gratuitement, même sans qu’on lui en demande. Les gens l’appelèrent Julie Doudoux. Mais certains la désapprouvèrent parce qu’elle apprenait aux enfants à donner des chaudoudoux sans avoir peur d’en manquer.

Les enfants l’aimaient beaucoup parce qu’ils se sentaient bien avec elle. Eux aussi commencèrent à distribuer à nouveau des chaudoudoux comme ils en avaient envie. Les grandes personnes étaient inquiètes et décidèrent de passer une loi pour protéger les enfants et les empêcher de gaspiller leurs chaudoudoux.

Claude Steiner

Editions InterEditions – Traduit par François Paul-Cavallier – Illustré par Pef

Que sont donc les Chaudoudoux ? Comme toujours vos contributions sont les bienvenues.



L’éléphant enchaîné

5 décembre 2008 | Catégorie : Individuel, Partage
Laisse-moi te raconter les chemins de la vie

Extrait tiré du livre de Jorge Bucay (célèbre psy et auteur argentin) « Laisse-moi te raconter les chemins de la vie » qui se lit comme un roman. L’histoire d’un psy et de son jeune client, à qui il raconte des histoires pour faire écho à chacun de ses problèmes. Un essai riche et passionnant !

L’éléphant enchaîné

« Quand j’étais petit, j’adorais le cirque, et ce que j’aimais par-dessus tout, au cirque, c’étaient les animaux. L’éléphant en particulier me fascinait ; comme je l’appris par la suite, c’était l’animal préféré de tous les enfants. Pendant son numéro, l’énorme bête exhibait un poids, une taille et une force extraordinaires… Mais tout de suite après et jusqu’à la représentation suivante, l’éléphant restait toujours attaché à un petit pieu fiché en terre, par une chaîne qui retenait une de ses pattes prisonnière. Mais ce pieu n’était qu’un minuscule morceau de bois à peine enfoncé de quelques centimètres dans le sol. Et bien que la chaîne fût épaisse et résistante, il me semblait évident qu’un animal capable de déraciner un arbre devrait facilement pouvoir se libérer et s’en aller. Le mystère reste entier à mes yeux.
Alors, qu’est ce qui le retient ?
Pourquoi ne s’échappe t-il pas ?
A cinq ou 6 ans, j’avais encore une confiance absolue dans la science des adultes. J’interrogeai donc un maître, un père ou un oncle sur le mystère du pachyderme. L’un d’eux m’expliqua que l’éléphant ne s’échappait pas parce qu’il était dressé. Je posais alors la question qui tombe sous le sens :
« S’il est dressé, pourquoi l’enchaîne-t-on ?
Je ne me rappelle pas qu’on m’ait fait une réponse cohérente. le temps passant, j’oubliai le mystère de l’éléphant et de son pieu, ne m’en souvenant que lorsque je rencontrais d’autres personnes qui un jour, elles aussi, s’étaient posé la même question.
Il y a quelques années, j’eus la chance de tomber sur quelqu’un d’assez savant pour connaître la réponse :

L’éléphant du cirque ne se détache pas parce que, dès tout petit, il a été attaché à un pieu semblable.

Je fermai les yeux et j’imaginai l’éléphant nouveau-né sans défense, attaché à ce piquet. je suis sûr qu’à ce moment l’éléphanteau a poussé, tiré et transpiré pour essayer de se libérer, mais que, le piquet étant trop solide pour lui, il n’y est pas arrivé malgré tous ces efforts.
Je l’imaginai qui s’endormait épuisé et, le lendemain, essayait à nouveau, et le surlendemain… et les jours suivants… Jusqu’à ce qu’un jour, un jour terrible pour son histoire, l’animal finisse par accepter son impuissance et se résigner à son sort.
Cet énorme et puissant pachyderme que nous voyons au cirque ne s’échappe pas, le pauvre, parce qu’il croit en être incapable.
Il garde le souvenir gravé de l’impuissance qui fut la sienne après sa naissance.
Et le pire, c’est que jamais il n’a tenté d’éprouver à nouveau sa force. »


« C’est ainsi ! Nous sommes tous un peu comme l’éléphant du cirque : nous allons de par le monde attachés à des centaines de pieux qui nous retirent une partie de notre liberté.
« Nous vivons avec l’idée que « nous ne pouvons pas » faire des tas de choses, pour la simple et bonne raison qu’une fois, il y a bien longtemps, quand nous étions petits, nous avons essayé et n’avons pas réussi.

Cette histoire est un clin d’oeil à nos systèmes de croyances, aux programmes, dont nous nous chargeons depuis l’enfance, qui sont souvent lourds à porter, et qui, comme le dit si bien Jorge Bucay, nous privent d’une partie de notre liberté.

Comme toujours, les contributions sont les bienvenues.