Archive pour 22:33

A la Recherche d’une Formule…

26 mai 2009 | Catégorie : Partage

 » 1 : On pose le cadre de la situation

2 : Le cadre devient miroir

3 : Le miroir devient fenêtre.

La personne se fait oiseau et vole ensuite de ses propres ailes. « 

cadre5A la recherche d’une jolie formule situant ma pratique de l’accompagnement, j’ai retrouvé celle exprimée par Maela PAUL, Praticienne-Chercheuse, Docteur en Sciences de l’Education, et me suis, par la même occasion, replongée dans un questionnement quasi permanent aux : psychologues, consultants, conseillers, coachs, formateurs, tuteurs, parrains etc … qui accompagnent les personnes dans des transitions … Ce que « accompagner » veut dire ?

Il n’ a échappé à personne que depuis plus de 15 ans, « l’accompagnement » fait parler de lui. Mais derrière cette étiquette verbale rassurante, qu’est ce qu’accompagner veut dire ? D’un point de vue strictement sémantique, accompagner c’est « se joindre à quelqu’un, pour se rendre où il va, en même temps que lui ».

La relation d’accompagnement respecte donc un certain nombre de caractéristiques :

- asymétrique : elle met en présence au moins deux personnes de puissances inégales

- contextualisée : elle instaure un communication dissymétrique sur fond de parité

- circonstancielle : elle répond à une situation particulière

- temporaire : elle constitue une période délimitée par un début et une fin

- co-mobilisatrice : elle sollicite un cheminement en commun

Il n’y a accompagnement que s’il y a :

- relation impliquante (et non traitement d’un dossier, résolution d’un problème)

- intersubjectivité (et non une relation où l’un est objet de l’autre

- transition : la relation d’accompagnement est instaurée à l’occasion d’un passage (et non d’un compagnonnage)

- processus : orienté vers un mieux (et pas forcément un objectif défini a priori), soutenu par un schème historique (autrui est inscrit dans une histoire), une conception du temps comme mûrissement, maturation (et non seulement optimisation de soi ou réalisation de performances).

Le travail de Maela PAUL en déployant le champ sémantique d’accompagner, met en exergue 3 registres de praxies renvoyant à des rôles à la fois spécifiques et transversaux :

- avec « escorter » : tout le registre de l’aide, l’assistance, la protection

- avec « guider » : tout le registre du conseil, de la guidance, de l’orientation

- avec « conduire » : tout le registre de l’éducation, de la formation et de l’initiation

Bien loin d’uniformiser la conception, le déploiement de ce champ sémantique permet de lire toute la pluralité des postures qu’invite l’accompagnement. L’accompagnement est pris dans une « nébuleuse » : counselling, tutorat, mentoring, parrainage, coaching, compagnonnage etc. En choisissant tel libellé, c’est tout un référentiel qui est sollicité et des valeurs que l’on met en avant. L’accompagnateur peut assumer lui aussi une pluralité de rôles lors de son action. Le dénominateur commun de cette palette large des postures de l’accompagnement reste la logique de process, autrement dit être en « déploiement » !

Pour aller plus loin :

Maela PAUL, 2004, L’accompagnement, une posture professionnelle spécifique, Paris, L’Harmattan

Crédit Photo Shed



Et la fierté dans tout ça ?

25 mai 2009 | Catégorie : Collectif, Individuel, Partage

Le monde de l’entreprise d’aujourd’hui n’est pas à un paradoxe près. La communication moderne, interne et externe des entreprises multiplie les messages positifs, les engagements «la main sur le cœur », les perspectives encourageantes alors que dans le même temps , elle peine àsusciter de la réelle motivation en interne pour les acteurs quotidiens.

En cette période de crise profonde, on peut ainsi se morfondre devant l’ampleur des dégâts, pointer du doigt les «méchants banquiers» , instruments du capitalisme qui ont joué aux funambules avec de l’argent virtuel…

On peut aussi, prendre un peu de recul, si on le peut , et se demander comment cette crise va transformer nos sociétés. Oui c’est vrai, les pratiques qui apparaissent aujourd’hui ne sont pas propres…au fond, rien de nouveau sous le soleil…

Nous pourrions, par exemple nous interroger sur notre responsabilité individuelle et collective dans ce qui arrive…la prédominance de l’argent…comme si l’argent expliquait tout, justifiait tout, bref, une société du »veau d’or » recréée dans laquelle nous sommes tous acteurs…

Ces dernières années dans les entreprises, seuls les chiffres avaient droit de préemption sur le reste…au nom de la logique des résultats, le rouleau compresseur s’était mis en marche, foulant du pied ,derrière des apparences «éthiques« et «transparence , l’idée même d’humanité au sein des entreprises. On ne parle que d’argent, de résultats, de performance économique et ce jusqu’au niveau de base des entreprises où les sommes faramineuses énoncées n’ont pas plus de réalité concrète qu’un voyage sur la lune…

Tout le monde (ou presque) s’est laissé griser par les chiffres, tout le monde a oublié l’aspect cyclique de l’économie qui existe depuis que la dite économie existe… pas de prudence, pas de « sens » juste des résultats…
et l’humain dans tout ça ?
et la fierté dans tout ça ?

Et si restaurer la fierté au quotidien était un des aspects les plus importants de ce que l’on appelle le développement durable ?…

Pas seulement la fierté du travail comme certains discours politiques le véhiculent mais la fierté du « sens » du travail que l’on fait, sa propre valeur en regard de compétences et de réalisation et non en regard de résultats financiers…

L’histoire – connue- qui suis illustre ce propos :

Deux tailleurs de pierre sont assis par terre et taillent leur pierre. Un homme passe par là et voit que l’un d’eux a l’air triste alors que l’autre montre joie et entrain dans sa tâche.
Il demande au premier qui semble s’ennuyer:
«que faites vous ?»
«vous voyez bien, répond l’homme triste, je taille une pierre»
L’homme se tourne alors vers l’autre tailleur de pierre qui a l’air si motivé et lui pose la même question :
«que faites vous ?»
L’autre lui répond avec lumière dans les yeux :
«je construis une cathédrale !»

Où sont nos «cathédrales» ? quels projets de «cathédrales» partageons nous au sein des organisations ? et si nous reparlions du travail, des fruits visibles et concrets du travail au lieu de ne parler que de chiffres ?

Et si nous repensions le management ?

Et si nous réfléchissions, au sein des organisations à avoir de vrais projets, de vraies ambitions où tout le monde est concerné ? Bien sûr, les résultats économiques en seraient une partie , mais plus le tout…

Et si nous investissions sur la fierté du travail bien fait et reconnu comme tel ?

Crédit photo : Craiova



Rencontre avec Laurent Gabel

22 mai 2009 | Catégorie : Collectif, Interview, Partage

LaurentGabelAujourd’hui altohumano est allé à la rencontre de Laurent Gabel, un coach pas comme les autres, pour une interview riche et pleine d’authenticité.

Bonjour Laurent, tu es Coach Professionnel, peux-tu nous en dire plus sur ton activité ?

J’accompagne les organisations et les personnes qui sont dans une dynamique de changement. J’ai la conviction que chaque être humain possède sa richesse intérieure, chaque personne recèle de ressources qui lui sont propres et dont elle n’a souvent pas conscience. Je veux aider ceux qui le souhaitent à mettre en œuvre les changements dont ils ont besoin pour utiliser au mieux tous leurs talents, ceux qui sont apparents mais également ceux qui leur sont aujourd’hui cachés et que nous éveillerons ensemble, dans le respect absolu des personnes et des groupes.

Tu es également Praticien en Neuro-Sémantique, quelle est cette technique ?

La Neuro-Sémantique est une technique assez récente (du début des années 90) et qui émerge de la PNL.

Michael Hall docteur en psychologie, enseignant PNL et écrivain, développe un modèle basé sur les méta états (structures supérieures de notre pensée qui créent les représentations subjectives) qui nous amène à découvrir, explorer, modifier et structurer les niveaux hauts de notre conscience, de nos pensées et de nos émotions. Cela va permettre de développer nos ressources et bien entendu notre communication.

C’est une méthode à la fois dynamique et systémique. Le travail consiste à partir d’une situation précise, d’amener la personne à changer sa façon d’accueillir ses ressentis. Par exemple si l’on prend la critique, qui a souvent une connotation négative, on va alors transformer la signification pour permettre le changement, donner l’accès au choix, au niveau de signification du sens donné, aux choses, aux personnes, à la vie en général. C’est revisiter une situation qui a marqué (en positif ou en négatif) puis la revoir au présent, ce qui va permettre l’accès au choix et donc de pouvoir changer sa posture, en intégrant un ressenti. Cela reste un outil très ludique, par exemple on pourra mettre en place son «ininsultabilité» ! Le travail peut se faire sur l’Avant, le Pendant ou l’Après.

Tu es licencié Ensize, un outil ?

Ensize est un outil d’analyse des comportements des personnes sur le principe du modèle DISC, son concepteur William Moulton Marston, psychologue et inventeur, défini la perception de l’environnement d’une personne à partir du contexte dans lequel elle évolue (le contexte, les autres) et plus concrètement c’est la manière dont nos émotions profondes vont nous faire nous comporter dans les situations quotidiennes.

Le modèle DISC, c’est l’association des 4 émotions aux 4 couleurs primaires : le rouge, le jaune, le vert, le bleu. Voici l’acronyme DISC :

D pour DOMINANCE en rouge : capacité de réaction face aux défis ou aux difficultés.

I pour INFLUENCE en jaune : capacité à communiquer idées ou pensées dans le but d’influencer.

S pour STABILITÉ en vert : capacité à s’adapter et à répondre à au rythme environnemental dans le but de le stabiliser.

C pour CONFORMITÉ en bleu : capacité de répondre aux règles et aux codes dans le but de se conformer.

Cet outil est excellent pour l’entreprise, il ne remet pas en cause, et permet de mieux échanger et de corriger des dysfonctionnements en matière de communication !

Quelle est ta posture en tant que coach ?

Edgar Morin est une source d’inspiration pour moi : le non accès à la complexité est souvent une cause de souffrance, que l’on soit dans le domaine de l’entreprise ou dans le domaine privé. Lier les choses, ne surtout pas les compartimenter pour un accès juste et global à la réalité d’aujourd’hui.

Dans la société actuelle, notre modèle de pensée est celui de Descartes : tout doit être compartimenté, alors que cela génère des souffrances morales et psychologiques. Il faut avoir une approche qui tient compte de la globalité : si vous voulez étudier le comportement d’un dauphin et que vous le mettez dans un bassin, il va se comporter différemment que s’il était dans son milieu naturel !

Je crois à la présence que l’on met en place, dans l’instant et le présent avec la personne ou les groupes, au-delà de l’écoute active, qui est une condition intrinsèque à nos métiers, je suis présent physiquement, psychologiquement et moralement. L’instant est totalement dans l’ici et maintenant, sans projections et sans jugements, et au fur et à mesure des séances, nous notons et ressentons l’évolution, l’accomplissement.

Mon approche se fait par la relation, aussi bien au sein d’une entreprise qu’avec une personne. La relation à soi, à l’autre et au monde. Je tiens compte bien entendu des «filtres» de chaque personne, je mets la personne à l’aise. Il est essentiel qu’elle se sente libre, libre de s’exprimer et d’échanger. Le cadre est essentiel, la personne s’autorise le luxe d’être elle-même ! Elle a la liberté de s’exprimer et de donner son ressenti, dans un climat de confiance et de respect. Il n’y a pas de compétition, être soi-même, nulle notion de dominé-dominant !

Laurent, quelle est la qualité essentiel pour faire ce que tu fais ?

C’est Aimer les Autres, être utile et toujours lucide…

Comment te places-tu par rapport au «marché» ? les coachs fleurissent, comment faire la différence lorsque l’on est profane ou méfiant ?

Le coach a une fonction sociale, il se place avant le psy et après la «confession», il doit faire preuve de pertinence dans les retours positifs. Il faut aussi communiquer sur le métier de coach et son professionnalisme. Formation, Supervision, Pratique et Déontologie sont des éléments clefs qui valident des compétences et donnent plus de visibilité à toute personne sollicitant un coach. La supervision est une sécurité pour le coach et pour le client.

En tant que Président de l’antenne ICFF (Fédération de Coaching) Côte d’Azur, mon rôle est de fédérer les adhérents et les futurs adhérents, de mettre en place de groupe de travail, des groupes de pairs permettant les échanges de pratiques, des groupes d’aide à la certification et la communication autour du métier de coach.

Le coaching actuellement n’est pas une profession règlementée, être adhérent à une fédération représente un gage de sérieux et une volonté d’aller vers la reconnaissance de notre profession.

A qui s’adresse ton accompagnement ?

A la fois aux entreprises, aux personnes de l’entreprise, aux groupes et aux personnes en tant qu’individu.

J’accompagne aussi bien les managers, les dirigeants, les chefs de services, les personnes au sein d’un département ou d’une équipe, souvent ces accompagnements donnent naissance à un coaching individuel.

Et toi, comment es-tu devenu coach ?

J’ai passé 20 ans au sein d’un grand groupe international de l’hôtellerie, j’étais à la fois dirigeant de PME et cadre d’une multinationale, ce qui m’a confronté à la complexité. Puis j’ai eu accès à un coach dans mon cadre professionnel… après une réflexion profonde, j’ai pris la mesure de la puissance de cette activité. Un choix professionnel, un changement énorme et 4 ans de formation plus tard, j’étais coach !

Tu te souviens de ton tout premier client ?

Je ne pourrais jamais l’oublier, c’était moi !

Où peut on te trouver ?

Dans le sud de la France où je dirige mon cabinet de conseil Avec Vous Consulting
www.avecvousconsulting.fr

Une dernière chose que tu souhaites ajouter ?

Lorsqu’on rentre dans une démarche de coaching, même à reculons, on vient chercher quelque chose, et c’est à moi de savoir quoi donner.

Merci Laurent pour cet entretien, ta disponibilité et ton enthousiasme !

Isabel Monville pour altohumano.org – Mai 2009


NDLR : Laurent fait référence à Edgar Morin dans cet entretien, j’aimerai partager avec vous ici ces quelques lignes sur la complexité :
« La pensée de la complexité, on le voit, n’est nullement une pensée qui chasse la certitude pour mettre l’incertitude, qui chasse la séparation pour mettre l’inséparabilité, qui chasse la logique pour s’autoriser toutes les transgressions. La démarche consiste, au contraire, à faire un aller-retour incessant entre certitudes et incertitudes, entre l’élémentaire et le global, entre le séparable et l’inséparable. Il ne s’agit pas d’abandonner les principes de la science classique – ordre, séparabilité et logique – mais de les intégrer dans un schéma qui est à la fois plus large et plus riche. Il ne s’agit pas d’opposer un holisme global et creux à un réductionnisme systématique ; il s’agit de rattacher le concret des parties à la totalité. Il faut articuler les principes d’ordre et de désordre, de séparation et de jonction, d’autonomie et de dépendance, qui sont à la fois complémentaires, concurrents et antagonistes, au sein de l’univers.
En somme, la pensée complexe n’est pas le contraire de la pensée simplifiante, elle intègre celle-ci ; comme dirait Hegel, elle opère l’union de la simplicité et de la complexité, et même, elle fait finalement apparaître sa propre simplicité. En effet, le paradigme de complexité peut être énoncé aussi simplement que celui de la simplicité alors que ce dernier impose de disjoindre et de réduire, le paradigme de complexité enjoint de relier, tout en distinguant.
La pensée complexe est, essentiellement, la pensée qui intègre l’incertitude et qui est capable de concevoir l’organisation. Qui est capable de relier, de contextualiser, de globaliser, mais en même temps de reconnaître le singulier et le concret. »



Travail et Plaisir sont ils compatibles ?

19 mai 2009 | Catégorie : Collectif, Individuel, Partage

web_buttonsLes vertus du travail ?

On peut apprendre le meilleur, comme le pire au travail.

1/ Concernant le « meilleur », les travailleurs par la confrontation aux objectifs de la production, échouent, endurent, résistent.

Parce que le travail est « vivant », le salarié développe une forme d’intelligence qui implique de faire l’expérience du réel, d’inventer, d’ajuster par rapport à des anomalies, des situations inédites, des incidents etc. Au bout des échecs, il y a la solution. Elle donne beaucoup de plaisir et de satisfaction. Elle a des vertus apaisantes. Elle vise l’accomplissement de soi. Il est possible de rapatrier cela dans la construction de son identité. On a sa place. On peut légitimement être fier de soi compte tenu de la contribution à l’œuvre collective. On s’aime soi et l’on est armé pour aimer les autres.

Parce que le travail ce n’est pas seulement produire, c’est aussi « vivre ensemble », la coopération dans le travail est un grand apprentissage des règles démocratiques. Le travail permet d’une part, de développer la capacité à définir son point de vue, à apprendre à parler, à identifier ses bonnes pratiques et d’autre part, il permet d’apprendre à écouter. Le travailleur qui contribue qualitativement à l’œuvre collective de l’entreprise, peut espérer en retour une forme de rétribution qui est la reconnaissance. Elle joue un rôle majeur dans la construction de l’identité. C’est l’armature de la santé mentale.

2/ Concernant le pire, on l’a vu : la frustration, l’empêchement d’agir, l’inhibition, l’interdiction de travailler empêchent tout salarié de pouvoir apporter sa contribution à l’œuvre collective. Cela prive de reconnaissance, fragilise, isole. Le doute s’installe. On ne s’aime pas soi-même et on devient haineux vis-à-vis des autres.

Credit Photo Woodsy



La Loi du Plus Fort…

18 mai 2009 | Catégorie : Collectif, Individuel, Partage

Si l’on s’en tient à cette idée admise par la plupart que la loi du plus fort est la loi incontournable de la nature, théoriquement démontrée par les travaux de Darwin concernant l’évolution et le fait que seuls les plus forts s’adaptent et survivent , il est inévitable de faire preuve d’un fatalisme désabusé devant les évènements du monde des humains.

Cette fameuse autant qu’incomprise « loi de la jungle » vient souvent ponctuer et conclure les échanges et réflexions sur les sociétés humaines, comme une inéluctable fatalité à laquelle nous ne pouvons nous soustraire, du fait même qu’il s’agirait d’une loi fondamentale de la vie.

La loi du plus fort, autrement dit la prédation, l’écrasement des forts par les faibles est un mode de pensée dont on peut trouver des traces incontestables dans les causes identifiées de la crise du capitalisme financier que nous vivons aujourd’hui.
Les nouveaux prédateurs, aveuglés par la cupidité et la volonté de domination ont ruiné le monde et il ne s’agit finalement qu’une des conséquences de plus de cette « loi de la jungle » si pratique pour expliquer avec fatalisme les affres des civilisations humaines.

Jusque dans le quotidien de chacun, cette loi immaculée de son statut de loi naturelle entraîne nombre d’entre nous à jouer trop souvent avec les autres des » jeux à somme nulle » (pour que l’un gagne, il faut que l’autre perde…) dans lesquels , si l’on réfléchit bien , tout le monde perd.

Mais voilà, si l’on y regarde de plus près, avec un œil objectif sur cette prétendue loi naturelle incontournable, le fait est que ,si la nature se comportait comme cela et uniquement comme cela, il y a bien longtemps qu’il n’y aurait plus de nature….peut être même que la vie n’aurait jamais existé !

Si tous les éléments de la nature, qui sont , nous le savons tous en interaction les uns avec les autres, fonctionnaient uniquement sur la base de la loi du plus fort, l’hyper-prédation aurait depuis longtemps détruit l’écosystème et la vie sur terre.

La nature a cette longévité, cet équilibre, cette beauté, cette capacité d’ajustement, cette puissance que lui envient les hommes car elle est également régie par d’autres lois naturelles incontestables qui se nomment la coopération, l’entraide, la solidarité, l’échange, la protection .

Il n’y a qu’à observer la stratégie des ban de poissons lorsqu’ils sont menacés pour voir qu’il ne s’agit pas du tout d’une stratégie du chacun pour soi…
Les travaux de Jean Marie Pelt ( biologiste renommé)* sur la question fourmillent d’exemples « naturels », scientifiquement observés qui mettent un gros cailloux dans la chaussure des défenseurs de la loi du plus fort.

Ce n’est pas uniquement sur le plan moral que la loi de la jungle est attaquable et critiquable, mais aussi et peut être surtout sur un plan d’efficacité, de performance, d’équilibre et de durabilité.

L’écho très faible donné à ces travaux, mais aussi à ceux du professeur Axelrod (Professeur de philosophie à l’Université du Michigan) sur la théorie des jeux et le fait surprenant que le joueur choisissant la coopération gagne de manière systématique à long terme laisse exister dans les esprits cette loi de la jungle comme gravée dans les gênes de l’humanité et des hommes.

La période actuelle que l’on appelle crise, venant du grec Krisé , étymologiquement « décisions, jugement » appelle donc des décisions. Au-delà des décisions structurelles que pourraient prendre les dirigeants du monde, la clef n’est elle pas dans le quotidien de chacun d’entre nous ?

Comme dans la nature, ce qui apparait est la somme des actes et paroles de chaque homme et femme dans son quotidien, dans sa vie de tous les jours. Que de conflits inutiles et improductifs rencontrons nous et générons nous chaque jour du fait d’une vision du monde incomplète basée sur le principe de la loi de la jungle ( on entends même souvent un « business is business » comme cela justifiait tout et notamment l’inefficacité à moyen et long terme de nos comportements et attitudes…)

Et si nous réapprenions concrètement ce que sont la coopération, l ’entraide, la solidarité, l’échange, la protection ?
… Cela ne va pas de soi dans un monde qui nous a formé ( ou déformé c’est selon les points de vue) à la compétition et a marqué profondément nos attitudes, comportements et pensées ?

Et si nous osions vraiment prendre en compte l’exemple de la nature pour changer les choses ?
Et si nous osions la coopération pour aller vers des jours meilleurs ?

Laurent Gabel

• Jean Marie PELT
« la loi de la jungle : l’agressivité chez les animaux, les plantes, les humains » Fayard 2003
« la solidarité chez les plantes, les animaux, les humains » Fayard 2004
« la loi du plus faible » 2009

La photo est de Terry



50 euros…

11 mai 2009 | Catégorie : Partage

50eurosVoici une petite histoire porteuse d’un message. J’espère que ce message vous sera utile, aujourd’hui ou demain. N’hésitez pas à le diffuser autour de vous, quelqu’un pourrait en avoir besoin et n’ayez plus de doute sur votre valeur et qui vous êtes réellement.

Lors d’un séminaire, un conférencier fort connu entame sa prestation en tenant haut dans sa main un billet de 50 euros. En s’adressant aux personnes présentes dans la salle il pose la question suivante :

- « Qui aimerait avoir ce billet ? »

quelques étonnements plus tard, les mains commencent à se lever. Alors il ajoute :

- « Je vais donner ce billet de 50 euros à l’un d’entre vous, mais avant laissez-moi faire quelque chose avec ».

Il chiffonne alors le billet avec force et demande :

- « Voulez-vous toujours ce billet ? »

les mains continuent à se lever.

- « Bon d’accord, mais que se passera-t-il si maintenant je fais cela ? »

et il jette le billet froissé par terre et saute dessus à pieds joints, l’écrasant du mieux que possible  et le recouvrant de poussière du plancher, puis il demande de nouveau :

- « Qui veut encore de ce billet ? »

Évidemment les mains continuent à se lever.

- « Mes Chers Amis vous venez d’apprendre une leçon très importante… peu importe ce que je fais avec ce billet et la manière dont je le traite,  vous continuez à le vouloir car il a toujours la même valeur à vos yeux, elle n’a pas changé et ce billet vaut toujours 50 euros ! Durant votre vie, vous aussi vous serez comme ce billet de 50 euros, vous serez froissés, souillés, écrasés par des personnes ou des évènements. Vous aurez l’impression de ne valoir plus rien, d’être inutile… mais en réalité votre valeur restera la même, aux yeux des personnes qui vous aiment, et surtout à vos yeux. La valeur d’une personne ne se mesure pas toujours à ce qu’elle fait ou ne fait pas. Vous pourrez toujours recommencer, atteindre vos buts, vos objectifs, car votre valeur intrinsèque demeurera toujours la même, n’oubliez jamais cela »

L’histoire ne dit pas si le billet a finalement été distribué ! Qu’importe, grâce à elle, c’est bien plus que 50 euros de gain…



être – faire – avoir

9 mai 2009 | Catégorie : Partage

Un petit article en quelques lignes pour partager une conversation avec Laurent Bouffies sur notre approche de la vie… Et le remercier au passage de son soutien !

Au début de la vie l’homme, bébé donc, est… et lorsqu’il fait quelque chose, il obtient quelque chose en retour…

Il est, il fait un sourire à sa mère qui lui sourit en retour…

être -> faire -> avoir

Ce n’est que plus tard, que l’on se met à croire qu’il nous faut d’abord avoir, pour pouvoir ensuite faire et pour enfin être…

avoir -> faire -> être

Une confusion sur l’ordre des choses qui risque de nous couter notre présent…

Blue baby est une huile sur toile de Gilles Esnault.



Le Pot Fêlé – ou comment changer notre perception

4 mai 2009 | Catégorie : Collectif, Individuel, Partage

Quelle belle leçon en si peu de mots. Confucius disait « qu’une image valait mille mots »… parfois, quelques mots valent mille concepts…

tulipsUne vieille dame chinoise possédait deux grands pots suspendus à chaque bout d’une perche qu’elle transportait appuyée derrière son cou pour aller chercher de l’eau.

L’un des pots était en parfait état et rapportait toujours sa pleine ration d’eau. L’autre était fêlé, et à la fin de la longue marche du ruisseau vers la maison, il n’était plus qu’à moitié plein d’eau.

Ainsi, chaque jour, pendant de longues années, la vieille dame ne rapporta chez elle qu’un pot et demi d’eau.

Le pot intact était très fier d’accomplir parfaitement sa tâche. Le pot fêlé, lui, avait honte de cette imperfection et se sentait triste car il ne pouvait faire que la moitié du travail pour lequel il avait été créé.

Après toutes ces années de ce qu’il percevait comme un échec il s’adressa à la vieille dame alors qu’ils étaient au bord du ruisseau :

«  J’ai honte de moi, dit-il, parce que la fêlure sur mon côté laisse l’eau s’échapper tout le long du chemin quand nous revenons vers la maison. »

La vieille dame le regarda et sourit : » As-tu remarqué qu’il y a des fleurs de ton côté du chemin et qu’il n’y en a pas de l’autre côté ? C’est parce que j’ai semé des graines de fleurs de ton côté, et chaque jour, quand on retourne à la maison, tu les arroses.Pendant des années, j’ai pu cueillir des fleurs magnifiques pour décorer notre maison. Sans toi, tel que tu es, il n’y aurait pas cette beauté pour agrémenter mon existence. »

Nous avons nos propres manques, nos propres fêlures. Mais ce sont chacune de ces imperfections et chacun de ces manques qui rendent nos vies si intéressantes et enrichissantes, et nous aident à trouver ce qu’elles ont de bon en elles.

Merci à Laurent Gabel pour ce partage.

Photo de Dippes