Réfléchissons autrement…
2 juillet 2009| Catégorie : Collectif, Partage
L’approche systémique est née dans les années 50 au travers de différentes disciplines. Concernant les organisations humaines, cette approche pose le postulat que nous appartenons tous à des systèmes complexes et que nos comportements sont dictés par cet environnement.
Cela peut expliquer , par exemple, comment un individu peu motivé dans son entreprise peut développer dans d’autres sphères ( associatives, sportives, artistiques, familiales..) des capacités d’implication, de responsabilité et de performance. Ainsi donc, les humains ne sont pas définitivement ceci ou cela, mais ils répondent à des signes envoyés par leur environnement.
Changer ces signes, c’est changer leurs réponses et donc leurs comportements !
En termes pratiques, cela veut dire que ce ne sont pas nos idées, notre morale qui guident notre comportement mais ce sont nos interactions avec le système, nos relations avec notre environnement qui fabriquent ces mêmes comportements à un moment donné.
L’approche systémique considère le « Vivant » comme un système où les interactions permanentes entre les éléments de ce système influent sur le comportement de chacun et donc sur la performance, quel que soit le domaine.
Il y a maintenant longtemps que l’on étudie plus les dauphins en les mettant dans un bassin car les résultats ne donnent d’indications que sur ce que » fait un dauphin enfermé dans un bassin… »… rien de ce qui se passe pour lui dans son milieu naturel.
C’est une révolution de notre mode de pensée occidental qui tend à séparer les éléments du système pour les élucider et …crée ainsi une succession d’effets positifs ou négatifs , une suite sans fin de solutions parcellaires générant elles même d’autres problèmes…Edgar Morin parle d’une « intelligence des circonstances » afin de mesurer la portée d’une action ou d’une parole…
Ainsi nombre d’organisations souffrent du manque de vision systémique, développant des expertises de plus en plus pointues …mais sans lien réel les une avec les autres et donc n’ayant comme finalité qu’elles mêmes.
Dans les entreprises, cette approche globale et complexe ( étymologiquement, complexe veut dire « ce qui est relié ») passe par des relations transversales nécessitant des posture relationnelles de parité et non pas de compétition entre les acteurs. Ce n’est pas la posture la plus répandue dans nos organisations ni même dans l’éducation que nous avons reçue. Nous devons apprendre à le faire !
Penser global et complexe, penser de façon systémique revient à observer les relations entre les éléments du système . Ces relations deviennent déterminantes et beaucoup plus « impactantes « que les individus eux même.
Les organisations d’aujourd’hui et de demain ont et auront plus besoin d’intelligence que d’obéissance, de responsabilité partagée que de soumission. L’approche systémique considère que chaque personne est multidimensionnelle , qu’elle a une vision du monde, des avis, des opinions issues de l’environnement dans lequel elle se trouve.
Comment demander à ses collaborateurs de s’impliquer, se responsabiliser et prendre des initiatives, bref de mobiliser leur intelligence alors que cette même intelligence est si peu prise en compte lorsqu’il s’agit de leur environnement direct.
Qu’est il fait de la pensée et de la parole des personnes dans les organisations alors même qu’il leur est demandé de les utiliser encore et toujours mieux ?
L’approche systémique nous pousse à considérer chaque acte, parole et comportement par rapport à un contexte donné à un moment précis…et cela change tout dans la manière d’analyser les situations et d’y apporter des solutions.
A lire également :
Winnicott, psychanalyste original, disait « un bébé : ça n’existe pas », autrement dit « un bébé tout seul ça n’existe pas, » Il est nécessairement ancré dans un environnement de soin.
Il n’y a qu’un – petit – pas pour dire que « l’homme tout seul ça n’existe pas ». Il est social, partie prenante de l’environnement, élément de système (familial, de travail etc).
Élargir sa pratique à la dimension systémique offre un éclairage sur la complexité de « cet » homme. S’il souffre de sa condition dans un système, il est parfois dur d’en changer, d’autant que, les autres éléments du système (du groupe) ont fini par trouver une forme d’homéostasie (d’équilibre) en trouvant parmi les membres « le patient désigné » : porteur du symptôme des dysfonctionnement du système. S’il sort de sa condition de souffre douleur, victime, ou mauvais objet (tant mieux pour lui !), mais plus ou moins consciemment, les autres membres du système (et le système lui-même) ont beaucoup à y perdre … Cela chamboule tout, il faudrait trouver un nouveau mode d’organisation, une autre forme de communication ou … un nouveau « patient désigné » …
Et vous dans votre entreprise : vous avez repéré QUI est le bouc émissaire : garant malgré lui de l’organisation du travail, de la « cohésion » du groupe ? Oui ?
bonsoir,
merci pour cet éclairage…concernant le « bouc émissaire », je suis très vigilant au sein de mon entreprise…d’autant plus que j’y suis seul…cela risquerait de se retourner contre moi si je me prenais moi même comme bouc émissaire, non? ( sourire)Cela dit, c’est souvent un éclairage intéressant pour une équipe que de comprendre le phénomène du bouc émissaire depuis son origine…il ya là une dimension quasi-sacrée…cela permet à l’équipe d’être en vigilance là dessus…
merci encore