Travailler pour Souffrir

30 septembre 2009| Catégorie : Collectif, Individuel, Partage

Le travail c’est la santé souffrance… Combien de suicides faudra-t-il encore pour que notre société, dans sa globalité et sa toute puissance, prenne enfin conscience de ce qui se passe ici et maintenant ? combien d’êtres humains, salariés en souffrance psychique  devrons-nous encore dénombrer ?? La qualité de vie de tout individu doit-elle être sacrifiée aux profits d’ objectifs à réaliser, de bénéfices à dégager au nom de la rentabilité alors que le prix à payer est en vies humaines ?!

Tous les jours, je vois défiler dans mon bureau des personnes en détresse, déprimées et angoissées par « ce qui se passe au travail » et toutes avec les mêmes mots sur les lèvres : « supporter », « subir », « endurer »… jusqu’à s’effondrer ? Enjeux, oppression, contraintes, coercition, telles sont aujourd’hui les composantes de certaines méthodes de management, faut-il assister à ce désastre et nous rendre tous coupables parce que nous ne faisons rien pour arrêter et éviter cela ?

Le salarié d’aujourd’hui est isolé et humilié, honteux de ne pas pouvoir atteindre des objectifs inatteignables  (ce n’est pas de sa faute, ce n’est qu’un homme !) honteux de céder face à la pression et au stress, honteux de ne pas être heureux d’avoir un travail alors que d’autres connaissent le chômage, au point de  se rendre incapable d’ en parler et se libérer. C’est dans cet état « d’incapacité » qu’il est emprisonné aujourd’hui.

Quelle est cette obstination de vouloir étouffer les salariés, les challenger, les asphyxier jusqu’à l’isolement ? Des études très sérieuses n’ont-elles pas démontrer qu’une personne travaillant dans un climat sain et bienveillant est beaucoup plus épanouie, et donc plus motivée et impliquée ?

Credit Photo Somadjinn

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4 Commentaires
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  1. Je compatis avec toi Isabel !!!
    La peur est une méthode de management des entreprises. Elle est productive à court terme, elle mobilise le zèle, à court terme mais … de toute façon la gestion est réduite au court terme, non ?
    La peur la plus apparente, est la crainte de la précarisation, autrement dit du chômage. Une autre est de : ne pas être à la hauteur, et par conséquent de pénaliser tout un service … Ainsi, la concurrence, les rivalités sont telles entre les individus que les conduites déloyales (rétention d’information, mensonges, pièges) se multiplient. Il semble que les salariés « acceptent » de se soumettre à un système aussi pervers parce qu’ils n’ont d’autre choix que de démissionner ou de participer. D’un côté, il y a ceux qui infligent la souffrance, accroissant les cadences, proférant des menaces de licenciement. De l’autre, tous ceux qui subissent cette violence mentale sans se révolter. Mais au final, les victimes comme les bourreaux, éprouvent une profonde souffrance éthique. Pour remédier à cette détresse, ils élaborent des stratégies de défense destinées à anesthésier leur conscience morale. La première tactique est individuelle: «Nez sur le guidon, je fais mon boulot et, puis, c’est tout ». La fuite en avant …
    Toutefois, si le management par la peur est majoritaire dans les grandes entreprises, nombre de patrons de PME préfèrent instaurer le management par la confiance (on l’aurait presque oubliée, celle-là !). Ce mode de gouvernement est appliqué par des chefs d’entreprise qui ont besoin d’une main-d’oeuvre qualifiée et dont ils souhaitent la stabilité afin d’assurer la qualité constante de la production. Pour fidéliser leurs collaborateurs, ils ont recours à des gratifications matérielles, certes, mais surtout morales, à savoir la reconnaissance du travail accompli. C’est grâce à cette rétribution symbolique que le salarié va pouvoir construire son identité au sein de la communauté de travail à laquelle il appartient. C’est la défaillance identitaire (je n’ai plus ma place au travail : ce que je fais ne sert à rien, est de mauvaise qualité ou n’a pas de sens) qui fait décompenser bon nombre de salariés …

  2. Merci Sabine pour ce commentaire, je te rejoins totalement dans l’analyse que tu fais ici.

    Le principe de la juste rétribution est un de ceux que je prône, il en plus facilement « applicable » dans les mentalités comme dans les actes (pourquoi se gêner alors ?!).

    Je suis d’accord avec toi, ne mettons pas toutes les entreprises dans le même panier, il existe, fort heureusement, des entreprises où il fait bon vivre, et les autres… Aujourd’hui l’heure est à l’accompagnement : accompagner les personnes en souffrance, mais aussi sensibiliser ces autres entreprises, en les incitant à revoir leurs méthodes de management, leurs valeurs, leur étiquette, leur canon, leurs objectifs…

    La croyance d’un monde meilleur serait-elle une utopie ? assurément non, alors mobilisons-nous !

  3. Merci à toutes les deux pour l’article et les commentaires. Je partage vos points de vue. Ok pour se mobiliser! Mais, comment???

  4. Bonjour Florence,
    Nous disposons de toutes les ressources pour nous sentir bien !
    La vie est sacrée, commencer par savoir en profiter me paraît un bon début, quel pied de nez à la crise, aux grincheux en tout genre et aux pessimistes ! Ensuite il serait pertinent de s’ouvrir à soi, au monde et aux autres (c’est mon grand truc en ce moment :) ) pour partager, échanger et communiquer ! En mode positif nous attirons le positif, le bon, l’agréable, alors essayons d’atteindre ce but, tous ensemble.
    Merci pour votre commentaire, c’est toujours un plaisir de vous lire.

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