AT

ASSERTIVITÉ : optez pour le bon comportement

8 avril 2010 | Catégorie : AT, Partage

C’est dans le domaine des (bonnes) relations humaines que l’on parle d’assertivité. En matière de comportement, c’est là l’un des plus bénéfiques et appropriés pour une bonne communication (non violente), une manière de se comporter et d’agir en excluant des comportements négatifs tels que la soumission, l’agression, la manipulation et la domination : what a wonderful world ! ce qui nous renvoie au concept d’Analyse Transactionnelle qui est celui de la position de vie (OK+/OK+).

Voici la définition de Wikipédia concernant l’assertivité :

L’assertivité, ou avoir un comportement assertif, est la capacité à s’exprimer et à défendre ses droits sans empiéter sur ceux des autres. Elle correspond à une attitude de fermeté par rapport aux événements et à ce que l’on considère comme acceptable ou non, de façon à développer des relations plus harmonieuses.

L’assertivité, c’est tout à la fois la prise de conscience et l’affirmation de ses propres limites.

Plus subjectivement, l’assertivité peut être considérée comme l’art, lorsque l’on a un message difficile à exprimer, de le faire sans passivité mais aussi sans agressivité. C’est un juste milieu à trouver. Beaucoup de gens réagissent avec sub-assertivité ou au contraire avec agressivité lorsqu’ils sont contrariés. Dire les choses aussi souvent que possible avec simple assertivité, est un gage de réussite sociale. Ce qui ne veut pas dire que l’on peut tout-le-temps tout dire à n’importe qui.

Un comportement assertif permet donc de pouvoir s’exprimer fermement, tout en laissant la place à l’autre également de s’exprimer, dans le respect, dans la position de vie OK+ : j’ai de la valeur, l’autre aussi a de la valeur. La qualité de la relation n’en sera que meilleure, et bien entendu, elle est utilisable tant au bureau qu’à la maison, une compétence qui aidera à la fois le manager, le collaborateur et l’homme… ou la femme que nous sommes !

Crédit Photo Spekulator



Analyse Transactionnelle, le cursus de formation

25 janvier 2010 | Catégorie : AT, Collectif

Eric BerneForce est de constater qu’aujourd’hui beaucoup de personnes sont « formées » à l’Analyse Transactionnelle (si si), pour éviter tout malentendu, je voudrais revenir ici sur le cursus de formation en Analyse Transactionnelle ainsi que la pratique :

Un minimum de 4 à 6  années (didactique et supervision) est nécessaire avant de pouvoir être prêt pour une accréditation ! mais avant cela il vous faut avoir en poche un 101, et l’AT2 (compter 2 années supplémentaires…) voici le cursus complet :

AT1 : Initiation (officielle avec un examen appelé le 101) de 2 jours pour découvrir l’Analyse Transactionnelle

AT2 : Formation Théorique Avancée (compter une année pour ce cursus)

AT3 :

Didactique : apprentissage de la pratique

Supervision : accompagnement dans sa pratique (par des TSTA)

AT4 : Certification Européenne CTA (Analyste Transactionnel Certifié)

Ensuite, il est tout à fait possible de continuer afin de devenir formateur et enseigner aux CTA.

Voici maintenant les titres que vous pouvez rencontrer concernant les analystes transactionnels :

CTA : Certified Transactional Analyst

PTSTA : Provisional Teaching/Supervising Transactional Analyst

TSTA : Teaching/Supervising Transactional Analyst

Les « praticiens » ou encore « spécialistes » en Analyse Transactionnelle ne sont pas des titres reconnus par les structures officielles, cela ne veut pas forcément dire que vous êtes entre de mauvaises mains, mais cela appelle au questionnement, alors n’hésitez pas à interroger votre interlocuteur sur sa formation.

Exercer en tant qu’Analyste Transactionnel requiert un cursus de formation long et rigoureux ainsi que le respect du code de déontologie édité par l‘EATA (Association Européenne d’Analyse Transactionnelle).

Il est à noter, et c’est ce qu’il y a de plaisant avec l’Analyse Transactionnelle, qu’elle a un effet réel et immédiat, autrement dit, il est tout à fait possible d’utiliser certains concepts AT dans sa pratique professionnelle, la certification étant l’aboutissement de centaines d’heures d’apprentissage et de pratique sous la supervision d’ un TSTA, mais en ayant toujours conscience de ses propres limites, l’AT étant un outil très puissant, il faut donc l’utiliser avec discernement.

L’Analyse Transactionnelle étant une Théorie de la Communication, une Théorie de la Personnalité et une Théorie de la Structure & Dynamique des Groupes et Organisations, ses concepts sont très largement utilisés dans beaucoup de métiers qui touchent l’accompagnement des personnes et des entreprises (coaching, consultants, conseil & accompagnement…). Il existe également plusieurs champs d’application :

- Organisations

Conseil

- Éducation

- Psychothérapie

Selon le champ d’application, l’approche ne sera pas la même bien entendu, mais je m’engage à revenir très prochainement sur altohumano pour vous en dire plus sur l’Analyse Transactionnelle, alors à très bientôt !

Pour plus d’informations rendez-vous sur les liens suivants :

Wikipedia

AnalyseTransactionnelle.fr

Atorg (école de formation)



Et si on l’ouvrait ?

13 janvier 2010 | Catégorie : AT, Collectif

Le Cadre de Référence

On peut définir le cadre de référence comme le petit «gloups» que l’on fait lorsque quelqu’un fait ou dit quelque chose qui nous dérange ou étonne… parce que cela ne correspond pas à notre façon de penser ou de faire, c’est d’ailleurs souvent à partir de là que se font les jugements.

Comment réagiriez-vous si nous nous rencontrions pour la première fois lors d’un séminaire ou pour une séance de travail et qu’en me présentant je vous prends dans mes bras et vous embrasse au lieu de vous serrer la main ?? Vous penseriez que je suis complètement allumée !! parce que mon comportement ne correspondrait en RIEN à votre cadre de référence social, qui dit que l’usage est de se serrer la main lors d’une première rencontre.

Le Cadre de Référence fournit à l’individu un ensemble cohérent de perceptions, de concepts, de sentiments et d’actions, qui lui sert à se définir lui-même, les autres et le monde, de façon structurale et dynamique. Il agit comme un filtre par rapport à la réalité.

Voici les zones impactées par le Cadre de Référence
- rôle dans la société
- sens du bien et du mal
- sens de l’esthétique
- perceptions
- façon de résoudre un problème
- rites, comportements sociaux et culturels
- les pensées, sentiments, comportements

Le Cadre de référence est un peu comme notre colonne vertébrale, à la fois notre solidité et notre fragilité. Les principes de réalité entrent dans dans le Cadre de Référence : il existe 2 réalités à la fois, celle que je vois et celle qui est réellement…

Avantages

Le Cadre de Référence structure un individu, lui donne des repères l’empêchant d’être perdu, lui permet de faire des choix rapides sans bouleversement de ses habitudes, lui donne un cadre de conduite, un sentiment d’appartenance sociale satisfaisant le besoin vital de sécurité (MASLOW), et des «zones familières de confort».

Inconvénients

- il peut parfois agir comme un filtre par rapport à la réalité
- il peut transformer la réalité pour la rendre compréhensible par l’individu. L’individu est «déconnecté» de la réalité ce qui l’empêche d’agir de manière adaptée, ce qui le limite dans son «autonomie», son développement.

Le Cadre de Référence est limité si :

- les valeurs, pensées, comportements… n’évoluent pas de génération en génération : c’est limitant quand le monde change rapidement et que l’on n’est pas programmé pour s’intéresser aux évolutions, aux différences
- les Cadres de Références sont trop éloignés (possibilité de conflits ou d’incompréhension lors des mariages mixtes)
- l’environnement est peu ouvert aux autres systèmes
-  les organisations sont centrées sur elles mêmes plus que sur l’extérieur

Plus le Cadre de Référence est petit, plus il manque de contenu, plus il est grand (et c’est cela qui nous intéressent) plus il est riche de contenu et est oxygéner !

Voici quelques moyens d’élargir son Cadre de Référence
- investir d’autres modèles (changer de chemin pour se rendre là où l’on a l’habitude d’aller)
- savoir, apprendre à demander de l’aide, c’est OK de le faire, et humain !!!
- développer sa capacité de «Martien» (apprendre à voir les choses comme si c’était la première fois, sortir de ses habitudes et de sa routine)
- développer sa capacité de perception : nos capteurs !

Plus le Cadre de Référence est large et ouvert,  plus nos choix d’options et de réponses sont nombreux ! La communication devient alors plus facile et améliore ainsi notre qualité de vie.

Un, deux, trois, ouvrez-le !

Credit Photo anafa



La Connaissance et le Marteau…

5 octobre 2009 | Catégorie : AT, Collectif, Individuel, Partage

MarteauVoici une petite anecdote que je souhaite partager ici avec vous et qui résume assez bien et en un seul exemple la complexité des métiers de l’accompagnement et du conseil  :

Un plombier est appelé pour un panne de chaudière : il a trouvé une valve coincée,  l’a dégagée d’un coup de marteau, la remet en service et a envoyé une facture à son client de 100 euros. Le client s’est plaint de ce coût qu’il juge excessif pour un simple coup de marteau et a demandé une facture détaillée… Le plombier lui répondu comme suit : Frapper la chaudière avec un coup de marteau : 1 euro. Savoir où frapper : 99 euros.

L’accompagnement des personnes et des organisations n’est possible que par la connaissance, la pratique et la compréhension du facteur humain…

Credit Photo Sundstrom



Fanita English à Paris pour une conversation

2 avril 2009 | Catégorie : AT, Agenda, Collectif, Partage

eatJeudi 2 avril 2009 de 18h00 à 21h30

L’EAT organise une soirée avec FANITA ENGLISH, lors de son passage à Paris. Elle s’entretiendra avec le public au sujet de ses dernières recherches théoriques sur la notion de motivateurs* et leur lien avec l’inconscient et les Etats du Moi .

Elle répondra également aux questions sur les pratiques et les concepts d’AT qu’elle a développés dans le passé.

* (motivateurs : nom donné par Fanita à sa théorisation sur les pulsions)

Lieu : Musée Social, 5 rue Las Cases 75007 Paris (M° Solférino) Tarif : 45€

Pour ceux intéressés par l’Analyse Transactionnelle, ne ratez pas cet évènement !



Quelle est la recette du succès ?

7 janvier 2009 | Catégorie : Individuel, Partage, supports

StJohnRichard St John, auteur du livre « Stupid, Ugly, Unlucky, and RICH, Spike’s Guide to Success » nous donne quelques ingrédients…

Ainsi commence le livre…

Un jour, alors que Richard prend l’avion, il se retrouve avec une adolescente comme voisine de siège. Alors qu’il sort son ordinateur portable pour travailler, la jeune fille lui demande s’il est quelqu’un de riche et célèbre…  il  réfléchit et lui répond finalement que non, qu’Oprah est célèbre, ou encore Bill Gates, qui lui est vraiment célèbre et riche, puisque qu’il possède son propre avion, et qu’ il n’a pas besoin de voyager à coté d’une enfant qui lui pose des questions ! Les deux sourient et suit alors une conversation, pendant laquelle il explique à cette adolescente ce qu’il a fait au cours sa vie, ses réalisations,  les projets qu’il a menés, dans le monde du sport, des affaires… et lorsqu’il a terminé, celle-ci lui dit de nouveau « je pense que tu as réussi, et que tu as du succès, alors tu es millionnaire ? »…

Richard St John va aller plus loin, se demander qu’est ce qui fait que l’on rencontre le succès et la réussite ? Il va interviewer plus de 500 personnes, célèbres et riches, dans des domaines divers et variés… en sortira cet excellent livre, qui verra la naissance de Spike.

A lire et à relire… et l’humour est au rendez-vous, mais en anglais.

8spikeLes ingrédients du succès : la Passion, Travailler, les Objectifs, Bousculer, les Idées, Improviser, Servir, Persévérer.

Et si vous voulez voir Richard St John lors de son passage chez TED, vous présenter son livre et  Spike en 3 minutes (en anglais, mais très facile à comprendre) :

http://www.ted.com/index.php/talks/richard_st_john_s_8_secrets_of_success.html

Bonne lecture



Les Croyances

6 janvier 2009 | Catégorie : AT, Collectif, Individuel, PNL, Partage

goDe nos jours, tout le monde parle de Croyances (nous ne faisons pas ici référence aux croyances religieuses), les vôtres, les nôtres, les leurs… mais finalement, que sont les Croyances ? Ce mot est utilisé en psychanalyse, en psychologie, en développement personnel, connaissance de soi… voici quelques indications utiles.

D’après Eckhart Tolle, un système de croyances, est un ensemble de pensées que nous considérons comme vérité absolue. C’est l’attitude d’une personne face à une idée. En PNL, les croyances sont des filtres inconscients que nous utilisons pour permettre ou non l’entrée d’informations, reçues par nos sens. En clair, elles sont souvent inconscientes et influent sur nos décisions. Il s’agit de « généraliser » ce que nous faisons à propos des expériences que nous vivons.  Les croyances peuvent être positives ou négatives, nous motiver ou bien nous limiter, elles peuvent être diriger sur  soi-même, sur les autres, ou le monde en général. En Analyse Transactionnelle, on parle de méconnaissance : un mécanisme inconscient qui nous conduit à ne pas voir la réalité telle qu’est est réellement. Heureusement, il existe des outils et techniques pour nous permettre un équilibre entre nous et nous.

Et pour partager, voici une citation d’Henry Ford, à méditer :

« Que vous vous sentiez capable, ou que vous vous sentiez incapable, dans les deux cas vous avez raison ! »



La concentration n’est pas l’attention

6 janvier 2009 | Catégorie : Collectif, Individuel, Partage, supports

recreVoici un article pioché chez Ivan SIGG ami, artiste peintre, sculpteur, penseur…

La concentration n’a rien à voir avec l’attention.

La concentration consiste à mettre en oeuvre un effort et l’exercice de la volonté pour focaliser notre esprit sur un aspect de la réalité (bien souvent sur une idée, une abstraction, une production humaine). C’est une dépense d’énergie énorme pour rejeter tout ce qui n’est pas ce point focal. Se concentrer consiste donc à mettre en place d’énormes résistances. Toutes ces choses auxquelles on résiste s’amplifient et constituent le champ de nos peurs. Quelle dépense d’énergie non créative et vaine. L’effort et la volonté dénature tout. Pourtant nous (le parent et le professeur) disons à l’enfant « concentre toi voyons ! Fais un effort! ».
L’attention, elle, est un état d’ouverture totale au fait et à tout ce qui l’entoure. C’est un état de perception lucide sans jugement, ni identification, ni rejet; un état de vigilance intense mais sans effort, qui ne met en place aucune résistance. Cet état c’est l’intelligence même.
Ce n’est pas la méthode, le savoir ou la théorie qui créent l’attention, mais l’attention qui crée sa propre discipline.

Merci Ivan de nous avoir laisser partager ce texte.

Source Photo : Ivan SIGG



Le conte chaud et doux des Chaudoudoux

5 décembre 2008 | Catégorie : AT, Individuel, supports

Le conte Chaud et Doux des Chaudoudoux, est un conte de Claude Steiner, psychologue clinicien, membre fondateur et enseignant de l’Association Internationale d’Analyse Transactionnelle.

Il était une fois, dans des temps très anciens, des gens qui vivaient très heureux. Ils s’appelaient Timothée et Marguerite et avaient deux enfants, Charlotte et Valentin. Ils étaient très heureux et avaient beaucoup d’amis.

Pour comprendre à quel point ils étaient heureux, il faut savoir comment on vivait à cette époque-là. Chaque enfant, à sa naissance, recevait un sac plein de chaudoudoux. Je ne peux pas dire combien il y en avait dans ce sac on ne pouvait pas les compter. Ils étaient inépuisables. Lorsqu’une personne mettait la main dans son sac, elle trouvait toujours un chaudoudou. Les chaudoudoux étaient très appréciés. Chaque fois que quelqu’un en recevait un, il se sentait chaud et doux de partout.

Que sont donc les chaudoudoux et les Froid piquants ?

Ceux qui n’en avaient pas régulièrement finissaient par attraper mal au dos, puis ils se ratatinaient, parfois même en mouraient. En ce temps-là, c’était très facile de se procurer des chaudoudoux. Lorsque quelqu’un en avait envie, il s’approchait de toi et te demandait :  » Je voudrais un chaudoudoux « . Tu plongeais alors la main dans ton sac pour en sortir un chaudoudou de la taille d’une main de petite fille. Dès que le chaudoudoux voyait le jour, il commençait à sourire et à s’épanouir en un grand et moelleux chaudoudoux. Tu le posais alors sur l’épaule, la tête ou les genoux, et il se pelotonnait câlineusement contre la peau en donnant des sensations chaleureuses et très agréables dans tout le corps.

Est-ce que les grandes personnes, avec leur loi, vont arrêter l’insouciance des enfants ? Vont-elles se décider à suivre l’exemple de la jeune femme et les enfants et prendre le risque en supposant qu’il y aura toujours autant de chaudoudoux que l’on voudra ? Se souviendront-elles des jours heureux que leurs enfants veulent retrouver, du temps où les chaudoudoux existaient en abondance parce qu’on les donnait sans compter ?

Malgré cette loi, beaucoup d’enfants continuèrent à échanger des chaudoudoux chaque fois qu’ils en avaient envie et qu’on leur en demandait. Et comme il y avait beaucoup d’enfants, beaucoup d’enfants, presque autant que les grandes personnes, il semblait que les enfants allaient gagner. À présent, on ne sait pas encore comment ça va finir.

Les gens n’arrêtaient pas d’échanger des chaudoudoux. et, comme ils étaient gratuits, on pouvait en avoir autant que l’on en voulait. Du coup, presque tout le monde vivait heureux et se sentait chaud et doux.

Je dis « presque », car quelqu’un n’était pas content de voir les gens échanger des chaudoudoux. C’était la vilaine sorcière Belzépha. Elle était même très en colère. Les gens étaient tous si heureux que personne n’achetait plus ses philtres ni ses potions. Elle décida qu’il fallait que cela cesse et imagina un plan très méchant.

Un beau matin, Belzépha s’approcha de Timothée et lui parla à l’oreille tandis qu’il regardait Marguerite et Charlotte jouer gaiement. Elle lui chuchota : « Vois-tu tous les chaudoudoux que Marguerite donne à Charlotte ? Tu sais, si elle continue comme cela, il n’en restera plus pour toi ». Timothée s’étonna : « Tu veux dire qu’il n’y aura plus de chaudoudoux dans notre sac chaque fois que l’on en voudra un ? » « Absolument, répondit Belzépha. Quand il n’y en a plus, c’est fini ». Et elle s’envola en ricanant sur son balai. Timothée prit cela très au sérieux, et désormais, lorsque Marguerite faisait don d’un chaudoudoux à quelqu’un d’autre que lui, il avait peur qu’il ne lui en reste plus.

Et si la sorcière avait raison ? Il aimait beaucoup les chaudoudoux de Marguerite, et l’idée qu’il pourrait en manquer l’inquiétait profondément, et le mettait même en colère. Il se mit à la surveiller pour ne pas qu’elle gaspille les chaudoudoux et en distribue trop aux enfants ou à n’importe qui.

Puis il se plaignit chaque fois que Marguerite donnait un chaudoudoux à quelqu’un d’autre que lui. Comme Marguerite l’aimait beaucoup, elle cessa d’offrir des chaudoudoux aux autres et les garda pour lui tout seul. Les enfants voyaient tout cela, et ils pensaient que ce n’était vraiment pas bien de refuser des chaudoudoux à ceux qui vous en demandaient et en avaient envie. Mais eux aussi commencèrent à faire très attention à leurs chaudoudoux. Ils surveillaient leurs parents attentivement, et quand ils trouvaient qu’ils donnaient trop de chaudoudoux aux autres, ils s’en plaignaient. Ils étaient inquiets à l’idée que leurs parents gaspillent les chaudoudoux.

La vie avait bien changé : le plan diabolique de la sorcière marchait ! Ils avaient beau trouver des chaudoudoux à chaque fois qu’ils plongeaient la main dans leur sac, ils le faisaient de moins en moins et devenaient chaque jour plus avares. Bientôt tout le monde remarqua le manque de chaudoudoux, et tout le monde se sentit moins chaud et moins doux.

Les gens s’arrêtèrent de sourire, d’être gentils, certains commencèrent à se ratatiner, parfois même ils mouraient du manque de chaudoudoux. Ils allaient de plus en plus souvent acheter des philtres et des potions à la sorcière. Ils savaient que cela ne servait à rien, mais ils n’avaient pas trouvé autre chose ! La situation devint de plus en plus grave. Pourtant la vilaine Belzépha ne voulait pas que les gens meurent. Une fois morts, ils ne pouvaient plus rien lui acheter.

Alors elle mit au point un nouveau plan. Elle distribua à chacun un sac qui ressemblait beaucoup à un sac des chaudoudoux, sauf qu’il était froid, alors que celui qui contenait les chaudoudoux était chaud. Dans ces sacs, Belzépha avait mis des froids-piquants. Ces froids-piquants ne rendaient pas ceux qui les recevaient chauds et doux, mais plutôt froids et hargneux. Cependant, c’était mieux que rien. Ils empêchaient les gens de se ratatiner. À partir de ce moment-là, lorsque quelqu’un disait : « Je voudrais un chaudoudoux », ceux qui craignaient d’épuiser leur réserve de chaudoudoux répondaient : « Je ne peux pas vous donner un chaudoudoux, mais voulez-vous un froid-piquant ? ».

Parfois, deux personnes se rencontraient en pensant qu’elles allaient s’offrir des chaudoudoux, mais l’une changeait soudain d’avis, et finalement elles se donnaient des froids-piquants. Dorénavant, les gens mouraient presque plus, mais la plupart étaient malheureux, avaient froid et étaient hargneux. La vie devint encore plus difficile : les chaudoudoux qui au début étaient disponibles comme l’air que l’on respire, devinrent de plus en plus rares. Les gens auraient fait n’importe quoi pour en obtenir.

Avant l’arrivée de la sorcière, ils se réunissaient souvent par petits groupes pour échanger des chaudoudoux, se faire plaisir sans compter, sans se soucier de qui offrait ou recevait le plus de chaudoudoux. Depuis le plan de Belzépha, ils restaient par deux et gardaient les chaudoudoux l’un pour l’autre. Quand ils se trompaient en offrant un chaudoudoux à une autre personne, ils se sentaient coupable, sachant que leur partenaire souffrirait du manque.

Ceux qui ne trouvaient personne pour leur faire don de chaudoudoux étaient obligés de les acheter et devaient travailler de longues heures pour les gagner.

Les chaudoudoux étaient devenus si rares que certains prenaient des froids-piquants qui, eux, étaient innombrables et gratuits. Ils les recouvraient de plumes un peu douces pour cacher les piquants et les faisaient passer pour des chaudoudoux. Mais ces faux chaudoudoux compliquaient la situation. Par exemple, quand deux personnes se rencontraient et échangeaient des faux chaudoudoux, elles s’attendaient à ressentir une douce chaleur et s’en réjouissaient à l’avance et, au lieu de cela, elles se sentaient très mal. Comme elles croyaient s’être donné de vrais chaudoudoux, plus personne n’y comprenait rien !

Évidemment comment comprendre que ses sensations désagréables étaient provoquées par les froids-piquants déguisés en faux chaudoudoux ? La vie était bien triste ! Timothée se souvenait que tout avait commencé quand Belzépha leur avait fait croire qu’un jour où ils ne s’y attendraient pas, ils trouveraient leurs sacs de chaudoudoux désespérément vides.

Mais écoutez ce qui se passa. Une jeune femme gaie et épanouie, aux formes généreuses, arriva alors dans ce triste pays. Elle semblait ne jamais avoir entendu parler de la méchante sorcière et distribuait des chaudoudoux en abondance sans crainte d’en manquer. Elle en offrait gratuitement, même sans qu’on lui en demande. Les gens l’appelèrent Julie Doudoux. Mais certains la désapprouvèrent parce qu’elle apprenait aux enfants à donner des chaudoudoux sans avoir peur d’en manquer.

Les enfants l’aimaient beaucoup parce qu’ils se sentaient bien avec elle. Eux aussi commencèrent à distribuer à nouveau des chaudoudoux comme ils en avaient envie. Les grandes personnes étaient inquiètes et décidèrent de passer une loi pour protéger les enfants et les empêcher de gaspiller leurs chaudoudoux.

Claude Steiner

Editions InterEditions – Traduit par François Paul-Cavallier – Illustré par Pef

Que sont donc les Chaudoudoux ? Comme toujours vos contributions sont les bienvenues.