Et la fierté dans tout ça ?
25 mai 2009 | Catégorie : Collectif, Individuel, Partage
Le monde de l’entreprise d’aujourd’hui n’est pas à un paradoxe près. La communication moderne, interne et externe des entreprises multiplie les messages positifs, les engagements «la main sur le cœur », les perspectives encourageantes alors que dans le même temps , elle peine àsusciter de la réelle motivation en interne pour les acteurs quotidiens.
En cette période de crise profonde, on peut ainsi se morfondre devant l’ampleur des dégâts, pointer du doigt les «méchants banquiers» , instruments du capitalisme qui ont joué aux funambules avec de l’argent virtuel…
On peut aussi, prendre un peu de recul, si on le peut , et se demander comment cette crise va transformer nos sociétés. Oui c’est vrai, les pratiques qui apparaissent aujourd’hui ne sont pas propres…au fond, rien de nouveau sous le soleil…
Nous pourrions, par exemple nous interroger sur notre responsabilité individuelle et collective dans ce qui arrive…la prédominance de l’argent…comme si l’argent expliquait tout, justifiait tout, bref, une société du »veau d’or » recréée dans laquelle nous sommes tous acteurs…
Ces dernières années dans les entreprises, seuls les chiffres avaient droit de préemption sur le reste…au nom de la logique des résultats, le rouleau compresseur s’était mis en marche, foulant du pied ,derrière des apparences «éthiques« et «transparence , l’idée même d’humanité au sein des entreprises. On ne parle que d’argent, de résultats, de performance économique et ce jusqu’au niveau de base des entreprises où les sommes faramineuses énoncées n’ont pas plus de réalité concrète qu’un voyage sur la lune…
Tout le monde (ou presque) s’est laissé griser par les chiffres, tout le monde a oublié l’aspect cyclique de l’économie qui existe depuis que la dite économie existe… pas de prudence, pas de « sens » juste des résultats…
et l’humain dans tout ça ?
et la fierté dans tout ça ?
Et si restaurer la fierté au quotidien était un des aspects les plus importants de ce que l’on appelle le développement durable ?…
Pas seulement la fierté du travail comme certains discours politiques le véhiculent mais la fierté du « sens » du travail que l’on fait, sa propre valeur en regard de compétences et de réalisation et non en regard de résultats financiers…
L’histoire – connue- qui suis illustre ce propos :
Deux tailleurs de pierre sont assis par terre et taillent leur pierre. Un homme passe par là et voit que l’un d’eux a l’air triste alors que l’autre montre joie et entrain dans sa tâche.
Il demande au premier qui semble s’ennuyer:
«que faites vous ?»
«vous voyez bien, répond l’homme triste, je taille une pierre»
L’homme se tourne alors vers l’autre tailleur de pierre qui a l’air si motivé et lui pose la même question :
«que faites vous ?»
L’autre lui répond avec lumière dans les yeux :
«je construis une cathédrale !»
Où sont nos «cathédrales» ? quels projets de «cathédrales» partageons nous au sein des organisations ? et si nous reparlions du travail, des fruits visibles et concrets du travail au lieu de ne parler que de chiffres ?
Et si nous repensions le management ?
Et si nous réfléchissions, au sein des organisations à avoir de vrais projets, de vraies ambitions où tout le monde est concerné ? Bien sûr, les résultats économiques en seraient une partie , mais plus le tout…
Et si nous investissions sur la fierté du travail bien fait et reconnu comme tel ?
Crédit photo : Craiova