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Conversation avec Aude Roy

17 février 2010 | Catégorie : Collectif, Interview

Aude RoyAujourd’hui alto s’est rendu chez Aude Roy, Coach en Image, mais surtout femme de cœur, tournée vers les autres, vous, moi, le monde ! J’avais prévu 1 heure d’entretien, je suis restée 2 heures… et ça je ne sais pas si elle l’avait prévu, elle… Éclairage sur le Coaching d’Image :

Aude, lorsque vous intervenez, votre prestation concerne la personne en elle-même ou bien est-elle en rapport avec une situation ?

Effectivement, une personne peut ne pas se sentir à la hauteur face à une situation nouvelle, cela peut être être sur un plan professionnel (changement de fonction), ou bien personnel (en rapport avec une rupture, quelle que soit la rupture : divorce, remise en question, une femme qui a eu des enfants qui ont grandi et qui cherche à reconquérir sa féminité etc…) en fait je vais donc toujours m’arrêter sur des choses profondément intimes.

Que trouve-t-on dans votre boîte à outils ?

Lorsque j’interviens, je dois disposer de l’outil approprié, j’ai donc recours à l’Analyse Transactionnelle (AT), à la Programmation Neuro-Linguistique (PNL), au Dialogue Intérieur (DI) j’adore le DI ! Mais j’utilise tout autant mes yeux, ma tête et mon cœur…

Pouvez-vous nous expliquer ce qu’est le Dialogue Intérieur

C’est très Jungien ! c’est « aller cherchez ses multiplicités intérieures et les accepter, savoir les utiliser » donc c’est tout à fait passionnant et cela me permet de travailler sur des problématiques un peu plus graves comme il peut m’arriver d’en rencontrer… (plus d’informations ici Dialogue Intérieur)

Est ce que l’on est finalement «préparer» lorsque l’on fait la démarche d’aller voir un Coach d’Image ? Je dis préparer car finalement, lorsqu’on pense coach d’image on peut penser «relooking» ce qui n’a rien à voir…

Bien sur que non ! En grande partie, et cela est du à la médiatisation du concept, c’est le relooking avant/après, nous sommes là dans un «j’habille le corps»… c’est très intéressant et très amusant à faire, mais ce n’est pas la partie que je préfère, ce que je préfère moi c’est faire fleurir à l’intérieur, réconcilier l’être et le paraitre, avoir une congruence entre ce que je suis, ce que je sais faire et ce que je montre et ce que l’autre voit de moi aussi, ce qui n’est pas forcément ce que je suis donc nous allons essayer d’aller travailler tous ces aspects là, c’est un travail qui me passionne et qui est passionnant ! Et j’ai donc des problématiques très variées, pas mal de personnes qui sont en questionnement sur leur vie, tout comme dans n’importe quel coaching en somme ! Mais nous allons l’aborder sous un autre angle, sans que cela reste superficiel.

Aude, il arrive que les prestations de coaching soient commandées par l’entreprise pour un de leur manager, donc ce n’est pas la personne elle-même qui est dans une démarche de changement…à partir du moment où les personnes intègrent que le coaching qu’ils feront avec vous ne se fera pas seulement sur la «vitrine», mais qu’il porte aussi sur leur identité, à la fois interne et externe, restent-ils enthousiastes ?

Toutes mes interventions sont explicitées. Je donne à mon client toutes les explications nécessaires, mon client sait jusqu’où on va aller chercher et savent eux-mêmes jusqu’où ils sont prêts à aller. Si la confiance est là les gens vont jouer le jeu, car au delà de l’intérêt professionnel ils y trouvent également un intérêt personnel, et c’est le plus souvent ce qu’il se passe !

Peut -on appliquer le coaching d’image à l’ensemble d’une équipe ?

Oui bien sur, on peut même faire beaucoup plus puisque j’ai travailler sur l’image des caisses Carrefour pour la France ! Les valeurs d’une entreprise se transmettent autant par son image en tant qu’entreprise, mais également par le biais de ses salariés. C’est un travail qui se fait sur la communication. C’est aussi faire accepter la diversité des vendeurs et des vendeuses, quels qu’ils soient, au sein de l’entreprise.

Vous êtes également synergologue, en quoi cela consiste ?

J’utilise la gestuelle comme mode d’écoute visuelle, donc je ne fais pas de comportementalisme, même si j’utilise la PNL en coaching, mais uniquement sur un mode de communication, j’utilise plus favorablement la synergologie, qui n’est valable que si la gestuelle est inconsciente. La synergologie est utilisée en criminologie au Canada, c’est si vous voulez une façon de lire l’autre, dans sa gestuelle, cela se fait en vidéo, avec une personne qui va prendre conscience de sa gestuelle en se regardant, mais si elle est en communication je lui demande de ne plus être avec elle même mais d’être avec l’autre et de bénéficier de ce qu’elle a retiré pour apprendre à «écouter avec les yeux»

Et de vous à moi, il y a des gestes négatifs qu’il faut à tout prix éviter ?!

Non il n’y a pas de geste négatif ! Mais en tant que coach je ne suis absolument pas dans le jugement ni dans le «il faut» ou «il ne faut pas», je suis plutôt dans le «qu’est ce que vous voyez, percevez de vous ?

Alors les bras croisés, les jambes croisées… c’est permis ?!!

Je dirais qu’il s’agit de paléontologie gestuelle, parce que cela ne tient pas compte de nos différences cérébrales, et donc croiser les bras ne veut pas obligatoirement dire que nous sommes fermés, de même que croiser les jambes n’est pas non plus de la fermeture, pour certaines femmes c’est une façon d’être élégante !

Combien de séances seront nécessaire pour une telle prestation ?

Cela va dépendre du budget, en fonction du budget et de l’objectif, nous allons ensemble avec le client déterminer le nombre de séances qui convient.

Travaillez-vous également sur l’image d’une société ?

Je travaille sur les personnes qui travaillent dans la société ! Parfois bien entendu je vais travailler en binôme avec la personne ou l’équipe qui travaille sur l’image d’une société, mais toujours du côté des personnes ! Nous allons travailler ensemble sur l’entreprise mais dans sa globalité : l’image, la marque, les personnes… toujours dans une réelle harmonie et congruence.

Quand il s’agit d’équipe, comment se déroulent les séances ?

Il s’agit de formation sur des ½ journées, avec un maximum de 8 personnes.

Et à ces 8 personnes vous allez leur expliquer, en tenant compte de la morphologie de chaque participant et de leur «style», comment se maquiller, s’habiller etc… ?!

Je n’explique pas car j’insiste : je ne suis vraiment pas dans le conseil ! Je suis en coaching, donc je fais dire, je fais prendre conscience. Le conseil m’intéresse très peu, et puis il n’y a pas de pérennité dans le conseil, enfin selon moi. Bien entendu je leur donne des outils, toujours en les faisant prendre conscience ! Je suis vraiment rentrée dans le coaching, je suis presque née avec cette façon de faire, parce que je trouve que c’est quelque chose de plus pérenne. Lorsque je suis sur le terrain et que je forme des équipes, je vais aussi faire en sorte de leur faire accepter les différences, les spécificités et l’importance de leur fonction au sein de l’entreprise, les revaloriser, revaloriser leur image etc… il s’agit à la fois de leur image interne et externe, et je leur fais faire, sans jamais faire à leur place ! Pour les femmes je vais leur faire prendre conscience de leur féminité, de leurs ressources, afin de les valoriser, bien entendu pour les hommes mon approche va être différente ! Je vais essentiellement travailler avec eux sur la relation entre la fonction, le secteur, leur représentativité, leur exemplarité et leur image, et donc l’image de l’entreprise.

Est-ce fréquent de constater une sorte de décalage entre la personne et la fonction qu’elle occupe ?

Oui parfois il y a un réel manque d’adéquation entre la fonction et l’image, un manque de représentativité aussi, cela peut être aussi dans le management, un défaut d’exemplarité qui va être matérialisé par une image inadéquate, ou un comportement.

Et lorsqu’il s’agit de comportement, celui-ci est il facilement décelable ?

Pas toujours chez le coaché lui-même, cela est bien souvent décelé par un N+1, mais c’est aussi mon travail que de savoir déceler ce qui ne se voit pas de prime abord ! La peur de la prise de responsabilités par exemple, il y a toute cette partie très mouvante de savoir que «je me dirige vers l’inconnu, alors dois-je m’agripper à ce que je connais déjà», c’est sur cette partie un peu informe que je vais intervenir, et c’est tout à fait passionnant car ce n’est pas autre chose que l’image ! Je vais donc aider la personne à prendre ses marques et à rentrer dans sa nouvelle fonction.

Alors mon Image c’est mon attitude, ma posture, mes vêtements, mes cheveux… à partir de là vous avez les éléments pour faire avancer ?

Oui bien sûr ! Tout cela fait partie de ce que vous êtes et de qui vous êtes ! Cela me permet d’avoir tout un tas d’information sur vous, pas votre look, mais VOTRE image, significative de votre parcours, de vos valeurs…

Une personne peut elle être victime de son image ?

Oui bien sur, elle peut se rendre compte que ce qu’elle renvoie de par son image, n’est pas ce qu’elle est réellement, mais elle ne sait pas comment construire une nouvelle image ni par quel bout commencer, et c’est là que mon travail prend forme.

Lorsque l’on vient vous voir, vous établissez un «plan d’action», à partir de quoi ?

Oui bien sur notre collaboration va être contractualisée, ensemble nous posons les objectifs, définissons le nombre nécessaire de séances pour les atteindre, je demande également un travail sur la construction de l’image de la personne, son histoire, ses valeurs, parfois certains clients m’apportent des photos… je vais également faire compléter un questionnaire, qui sera le bilan d’image de la personne et à partir duquel le travail peut commencer.

Le résultat est immédiat ?

OUI c’est immédiat, souvent extraordinaire, parce que parfois au départ il y a de l’appréhension, qui au fur et à mesure laisse la place à la transformation concrète, réelle et positive !

Aude vous venez du monde de la haute couture, parlez-nous de vous

J’ai vu les plus belles femmes du monde, les plus grands artisans de la haute couture, une vie extraordinaire… jusqu’au jour où j’ai donné la vie et je me suis dis qu’il était temps pour moi de ne plus travailler 20 heures sur 24, mais j’ai voulu transmettre cet héritage, cette passion, et venant d’un monde où l’image est reine, j’ai eu envie de partager mes connaissances, et de fil en aiguille, je suis devenue coach d’image, formatrice, j’ai fondé une association… toujours reliée à cette spécificité d’identité, savoir qui l’on est, et comment se présenter à partir de qui nous sommes, c’est assez extraordinaire ! Un de mes premiers clients, était à Mantes la Jolie, au Val Fourré, je suis donc passé directement de la rue du Faubourg St Honoré au Val Fourré, cela a été une secousse incroyable et je me suis juré que je garderai toujours la diversité dans ma façon d’exercer mon métier, et c’est toujours le cas aujourd’hui, je peux aussi bien travailler avec un directeur général qu’avec des jeunes en difficulté, j’aime le contact et le contact avec le monde, quel qu’il soit : intégration, diversité, parité, toutes ces problématiques très actuelles. Tout n’est pas monolithique, heureusement !

Merci Aude pour  ce moment en votre très agréable compagnie, pour ces précisions concernant le coaching d’image, pour ce partage et cet entretien absolument délicieux. Et j’en profite pour ajouter que vous êtes une personne magnifique (dans les deux sens du terme) et d’une bienveillance débordante, alors pour tout cela, encore une fois : Merci

Styliste de formation, Aude Roy a travaillé quinze ans dans le milieu de la haute couture, elle est présidente fondatrice de l’Association Française de l’Image Personnelle et Professionnelle (AFIPP), , elle accompagne les entreprises et les particuliers.

Aude est également auteur de « Donnez une bonne image de vous«   petit manuel du bon look aux éditions InterEditions

Pour toute information :
www.auderoy.com



La Connaissance et le Marteau…

5 octobre 2009 | Catégorie : AT, Collectif, Individuel, Partage

MarteauVoici une petite anecdote que je souhaite partager ici avec vous et qui résume assez bien et en un seul exemple la complexité des métiers de l’accompagnement et du conseil  :

Un plombier est appelé pour un panne de chaudière : il a trouvé une valve coincée,  l’a dégagée d’un coup de marteau, la remet en service et a envoyé une facture à son client de 100 euros. Le client s’est plaint de ce coût qu’il juge excessif pour un simple coup de marteau et a demandé une facture détaillée… Le plombier lui répondu comme suit : Frapper la chaudière avec un coup de marteau : 1 euro. Savoir où frapper : 99 euros.

L’accompagnement des personnes et des organisations n’est possible que par la connaissance, la pratique et la compréhension du facteur humain…

Credit Photo Sundstrom