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Travailler pour Souffrir

30 septembre 2009 | Catégorie : Collectif, Individuel, Partage

Le travail c’est la santé souffrance… Combien de suicides faudra-t-il encore pour que notre société, dans sa globalité et sa toute puissance, prenne enfin conscience de ce qui se passe ici et maintenant ? combien d’êtres humains, salariés en souffrance psychique  devrons-nous encore dénombrer ?? La qualité de vie de tout individu doit-elle être sacrifiée aux profits d’ objectifs à réaliser, de bénéfices à dégager au nom de la rentabilité alors que le prix à payer est en vies humaines ?!

Tous les jours, je vois défiler dans mon bureau des personnes en détresse, déprimées et angoissées par « ce qui se passe au travail » et toutes avec les mêmes mots sur les lèvres : « supporter », « subir », « endurer »… jusqu’à s’effondrer ? Enjeux, oppression, contraintes, coercition, telles sont aujourd’hui les composantes de certaines méthodes de management, faut-il assister à ce désastre et nous rendre tous coupables parce que nous ne faisons rien pour arrêter et éviter cela ?

Le salarié d’aujourd’hui est isolé et humilié, honteux de ne pas pouvoir atteindre des objectifs inatteignables  (ce n’est pas de sa faute, ce n’est qu’un homme !) honteux de céder face à la pression et au stress, honteux de ne pas être heureux d’avoir un travail alors que d’autres connaissent le chômage, au point de  se rendre incapable d’ en parler et se libérer. C’est dans cet état « d’incapacité » qu’il est emprisonné aujourd’hui.

Quelle est cette obstination de vouloir étouffer les salariés, les challenger, les asphyxier jusqu’à l’isolement ? Des études très sérieuses n’ont-elles pas démontrer qu’une personne travaillant dans un climat sain et bienveillant est beaucoup plus épanouie, et donc plus motivée et impliquée ?

Credit Photo Somadjinn



Et la fierté dans tout ça ?

25 mai 2009 | Catégorie : Collectif, Individuel, Partage

Le monde de l’entreprise d’aujourd’hui n’est pas à un paradoxe près. La communication moderne, interne et externe des entreprises multiplie les messages positifs, les engagements «la main sur le cœur », les perspectives encourageantes alors que dans le même temps , elle peine àsusciter de la réelle motivation en interne pour les acteurs quotidiens.

En cette période de crise profonde, on peut ainsi se morfondre devant l’ampleur des dégâts, pointer du doigt les «méchants banquiers» , instruments du capitalisme qui ont joué aux funambules avec de l’argent virtuel…

On peut aussi, prendre un peu de recul, si on le peut , et se demander comment cette crise va transformer nos sociétés. Oui c’est vrai, les pratiques qui apparaissent aujourd’hui ne sont pas propres…au fond, rien de nouveau sous le soleil…

Nous pourrions, par exemple nous interroger sur notre responsabilité individuelle et collective dans ce qui arrive…la prédominance de l’argent…comme si l’argent expliquait tout, justifiait tout, bref, une société du »veau d’or » recréée dans laquelle nous sommes tous acteurs…

Ces dernières années dans les entreprises, seuls les chiffres avaient droit de préemption sur le reste…au nom de la logique des résultats, le rouleau compresseur s’était mis en marche, foulant du pied ,derrière des apparences «éthiques« et «transparence , l’idée même d’humanité au sein des entreprises. On ne parle que d’argent, de résultats, de performance économique et ce jusqu’au niveau de base des entreprises où les sommes faramineuses énoncées n’ont pas plus de réalité concrète qu’un voyage sur la lune…

Tout le monde (ou presque) s’est laissé griser par les chiffres, tout le monde a oublié l’aspect cyclique de l’économie qui existe depuis que la dite économie existe… pas de prudence, pas de « sens » juste des résultats…
et l’humain dans tout ça ?
et la fierté dans tout ça ?

Et si restaurer la fierté au quotidien était un des aspects les plus importants de ce que l’on appelle le développement durable ?…

Pas seulement la fierté du travail comme certains discours politiques le véhiculent mais la fierté du « sens » du travail que l’on fait, sa propre valeur en regard de compétences et de réalisation et non en regard de résultats financiers…

L’histoire – connue- qui suis illustre ce propos :

Deux tailleurs de pierre sont assis par terre et taillent leur pierre. Un homme passe par là et voit que l’un d’eux a l’air triste alors que l’autre montre joie et entrain dans sa tâche.
Il demande au premier qui semble s’ennuyer:
«que faites vous ?»
«vous voyez bien, répond l’homme triste, je taille une pierre»
L’homme se tourne alors vers l’autre tailleur de pierre qui a l’air si motivé et lui pose la même question :
«que faites vous ?»
L’autre lui répond avec lumière dans les yeux :
«je construis une cathédrale !»

Où sont nos «cathédrales» ? quels projets de «cathédrales» partageons nous au sein des organisations ? et si nous reparlions du travail, des fruits visibles et concrets du travail au lieu de ne parler que de chiffres ?

Et si nous repensions le management ?

Et si nous réfléchissions, au sein des organisations à avoir de vrais projets, de vraies ambitions où tout le monde est concerné ? Bien sûr, les résultats économiques en seraient une partie , mais plus le tout…

Et si nous investissions sur la fierté du travail bien fait et reconnu comme tel ?

Crédit photo : Craiova



Travail et Plaisir sont ils compatibles ?

19 mai 2009 | Catégorie : Collectif, Individuel, Partage

web_buttonsLes vertus du travail ?

On peut apprendre le meilleur, comme le pire au travail.

1/ Concernant le « meilleur », les travailleurs par la confrontation aux objectifs de la production, échouent, endurent, résistent.

Parce que le travail est « vivant », le salarié développe une forme d’intelligence qui implique de faire l’expérience du réel, d’inventer, d’ajuster par rapport à des anomalies, des situations inédites, des incidents etc. Au bout des échecs, il y a la solution. Elle donne beaucoup de plaisir et de satisfaction. Elle a des vertus apaisantes. Elle vise l’accomplissement de soi. Il est possible de rapatrier cela dans la construction de son identité. On a sa place. On peut légitimement être fier de soi compte tenu de la contribution à l’œuvre collective. On s’aime soi et l’on est armé pour aimer les autres.

Parce que le travail ce n’est pas seulement produire, c’est aussi « vivre ensemble », la coopération dans le travail est un grand apprentissage des règles démocratiques. Le travail permet d’une part, de développer la capacité à définir son point de vue, à apprendre à parler, à identifier ses bonnes pratiques et d’autre part, il permet d’apprendre à écouter. Le travailleur qui contribue qualitativement à l’œuvre collective de l’entreprise, peut espérer en retour une forme de rétribution qui est la reconnaissance. Elle joue un rôle majeur dans la construction de l’identité. C’est l’armature de la santé mentale.

2/ Concernant le pire, on l’a vu : la frustration, l’empêchement d’agir, l’inhibition, l’interdiction de travailler empêchent tout salarié de pouvoir apporter sa contribution à l’œuvre collective. Cela prive de reconnaissance, fragilise, isole. Le doute s’installe. On ne s’aime pas soi-même et on devient haineux vis-à-vis des autres.

Credit Photo Woodsy